Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges

Détails des conférences proposées pour la saison 2013

Jeudi 4 juillet


Conférence

Argentière - Salle communale à 17 heures

Les hauts sommets de la cordillère des Andes (Argentine-Chili)

Par Jean-Noël SALOMON Professeur émérite de Géographie Université de Bordeaux

Avec près de 7 000 km et une hauteur moyenne de 4 000 m, la Cordillère des Andes est la plus grande chaîne de montagne du monde. Les Andes sont le résultat d'un processus de tectonique des plaques causée par la subduction de la croûte océanique sous la plaque sud-américaine. Au niveau du Chili, elle est due à la subduction de la plaque de Nazca qui plonge sous la plaque sud-américaine ce qui engendre à la fois de profondes fosses océaniques (Antofagasta, - 8 000 m) et, par compression, de très hautes élévations montagneuses (Aconcagua, + 6959 m).

Cette conférence vous fera découvrir ces merveilles.


Soutenances de mémoires

Chalet de la Réserve Naturelle des Aiguilles Rouges au col des Montets

Hydrographie et hydrologie du Vallon de Bérard

Par Charles TISSOT - à 10 heures

Les avalanches et leur gestion à Serre-Chevalier

Par Cécile FOURNY - à 11 heures


Ces soutenances de mémoires de Master 1 en Géographie auront lieu sous la direction d'un jury composé de :

  • M. Henri ROUGIER, Professeur à l’Université Lyon 3
  • M. Jean-Noël SALOMON, Professeur à l’Université Bordeaux 3

Les soutenances sont publiques.

Merci de confirmer votre participation par mail à : henri.rougier@editionslep.ch


Compte-rendu des soutenances de mémoires du 4 juillet

Le 4 juillet 2013, deux étudiants en géographie de l’Université de Lyon 3 ont soutenu leurs mémoires de master, au chalet du col des Montets, devant un jury composé de Monsieur Jean-Noël Salomon, Professeur émérite de l’Université Michel de Montaigne à Bordeaux, de Monsieur Henri Rougier, Professeur émérite à l’Université de Lyon 3 Jean-Moulin, directeur de recherches, et de Monsieur Robert Bolognesi, nivologue, expert en phénomènes d’avalanches, du bureau Météorisk, à Sion..

Ces travaux ont été élaborés à l’issue de stages d’études effectués en vertu d’une convention liant l’Université de Lyon 3 à la Réserve naturelle des Aiguilles Rouges.

Charles Tissot a exposé les méthodes, le déroulement et les résultats des recherches qu’il a menées sur l’hydrologie et l’hydrographie du bassin de l’Eau du Vallon de Bérard. Celui-ci étend une bonne partie de ses 1187 hectares sur le territoire de la réserve.

Au prix de bivouacs sur le terrain dans des conditions hivernales, l’étudiant a pu procéder à des mesures de débits inédites et en continu sur des cycles journaliers.

Il a ainsi apprécié l’ampleur des variations diurnes, heure par heure.

Il a pu éprouver la vigueur de l’effet de fonte des neiges avivé par l’élévation des températures à la mi-juin 2013.

A l’échelle de la journée, le temps de réponse des débits au pic des températures de l’après-midi a pu être déterminé.

Des extrapolations quantitatives ont été établies, permettant d’estimer le régime du cours d’eau.

Cependant, les mesures d’écoulements ayant été effectuées uniquement en surface, celles-ci doivent être considérées avec une marge d’erreur non négligeable.

Charles Tissot a également surveillé les pulsations d’écoulements intermittents sur de petits affluents.

Réactualisant un document cartographique de 1953 et des relevés de 1949, l’auteur a tracé un chevelu hydrographique différenciant les zones d’accumulation et d’écoulement aérien des flux liquides dans le bassin qu’il a étudié.

Le jury a prodigué au candidat de nombreux conseils et remarques sur le plan méthodologique, tant en ce qui concerne le recueil des données, que leur traitement.

Ce travail, fondé sur des séquences de présence sur le terrain d’une durée inédite, trace des perspectives pour des études ultérieures qui ouvrent largement sur des compléments et des approfondissements d’investigations, ainsi que sur des approches méthodologiques renouvelées.

Cécile Fourny, passionnée par la pratique du ski, a présenté son mémoire portant sur la gestion du risque d’avalanches sur le domaine skiable de Serre Chevalier Vallée.

La problématique de ses recherches, menées dans une station dont elle a une bonne connaissance, était sous-tendue par la question suivante : dans quelle mesure est-il envisageable de conduire une politique de prévention du risque d’avalanches en considérant celui-ci à sa source, c'est-à-dire à partir de la conscience qu’en ont les skieurs, et des comportements que cela peut induire ?

Pour tenter de répondre à cette interrogation, la candidate s’est mise en quête d’éléments de « première main » auprès de catégories d’acteurs très variés, politiques ou professionnels, impliqués au premier chef dans la gestion du domaine skiable auquel elle s’est intéressée.

Il s’agissait de son directeur, du maire de la commune sur lequel il s’étend, de pisteurs-secouristes, de maîtres-chiens, d’intervenants du P.G.H.M., de prévisionnistes de Météo-France.

Les usagers, c'est-à-dire la clientèle de skieurs, a été interrogée sur la base d’un questionnaire conçu spécifiquement et méthodiquement en vue de recueillir les données nécessaires à cette étude.

Au terme de celle-ci , Cécile Fourny conclut que les effets des mesures d’artificialisation de la montagne par des équipements visant la mise en sécurité des skieurs, peuvent être complétés par d’autres voies que l’extension de tels équipements.

Il s’agit de solliciter la capacité des usagers à prendre conscience des dangers auxquels ils s’exposent, et à adapter ainsi leur comportement.

Un membre du jury a exprimé des réserves sur cet avis.

Toutefois, les examinateurs ont apprécié la qualité des travaux de la candidate, la clarté de son exposé, la diversité des sources des données qu’elle a recueillies et synthétisées, ainsi que la netteté des points de vue qu’elle a formulés, arguments à l’appui.


Notes prises et rédigées par Robert Moutard le 4 juillet 2013

Jeudi 11 juillet

Les Houches - Salle OLCA à 17 heures

Entre le Mont-Blanc et le Cervin, un océan de différences

Par Michel MARTHALER Professeur émérite de Géologie Université de Lausanne

Dans les nombreuses montagnes qui séparent ces deux géants des Alpes, on rencontre beaucoup de roches qui sont nées dans les profondeurs de la mer.

En témoignent des laves sous-marine en forme de coussin à Zermatt, du plancton fossile au Grand Combin et des coquilles marines au sommet des Diablerets.

L’L’aventure géologique des Alpes raconte une histoire de dérive des continents, de naissance d’un océan, suivie d’une lente collision entre deux bordures continentales (africaine pour le Cervin, européenne pour le Mont Blanc) qui ont insérées les restes d’un ancien océan.

Grâce à la fabuleuse mémoire inscrite dans les roches et les paysages, et à l’aide de nombreuses illustrations, cette conférence aimerait montrer comment notre planète s’est transformée depuis l’aube des premiers dinosaures, une époque où n’existait sur Terre qu’un seul et unique continent, la Pangée.

Remarque : Les deux images proviennent du livre de l'auteur
"Le Cervin est-il africain ? une histoire géologique entre les Alpes et notre planète"
publié aux éditions LEP (Le Mont sur Lausanne).

Jeudi 18 juillet

Servoz - Salle du presbytère à 17 heures

Les arbres remarquables du département de l'Ain

Par Frédéric THOUNY Directeur du Patrimoine des Pays de l'Ain

"Au-delà de son caractère vivant, l’arbre dénote un symbolisme fort au travers de la religion, des croyances populaires, du pouvoir et des commémorations.

Cette conférence voudra faire connaître et préserver ce patrimoine fragile souvent ignoré.

Parmi tous ces arbres, il en est qui sont exceptionnels de par leur âge, dimension, caractères physiologiques, histoire... On les appelle, arbres remarquables.

Nombreux sont les écrins propices à leur présence : forêt, bois, parc, square, place, jardin, champ, bordure de route ou de lac…

Il peut s’agir d’un arbre seul, d’une allée ou d’un alignement.

L'exemple du département de l'Ain sera pris pour illustrer le propos."

Lire l'article paru dans le Dauphiné Libéré du 20 juillet 2013 - Accès direct

Jeudi 25 juillet

Les Houches - Salle OLCA à 17 heures

Le Géopark du Chablais : un territoire à découvrir

Par Anne GUYOMARD Coordinatrice du Géopark Syndicat Intercommunal d'Aménagement du Chablais

La région du Chablais est unique. Le paysage raconte une histoire vieille de 250 millions d’années. Sur les 50 km qui séparent Thonon-les-Bains du col de Joux Plane (Morzine), le Chablais reflète l’histoire de la formation des Alpes !

Avant la naissance des montagnes, l’océan alpin s’étendait sur des centaines de kilomètres. Lors de la formation des Alpes, les roches déposées au fond de cet océan se sont plissées, fracturées et érigées. Les glaciers ont ensuite érodé et sculpté les paysages qui offrent aujourd’hui en tous lieux du Chablais des spectacles saisissants. Ces glaciers, disparus aujourd’hui, ont beaucoup d’importance dans le Chablais. Ils sont à l’origine de nombreux lacs, comme le Léman. Les eaux qui s’infiltrent dans les dépôts abandonnés lors du retrait des glaciers donnent aux eaux d’Evian et de Thonon leurs spécificités. Aussi, le Geopark du Chablais se développe autour des thèmes du patrimoine glaciaire et de l’eau.

Lors de cette conférence, après avoir présenté les réseaux européens et mondiaux des Geoparks, le Geopark Chablais sera plus spécifiquement présenté :

  • historique de la mise en place du Geopark et intérêts pour le Chablais d’avoir intégré le réseau des Geoparks ;
  • les thématiques géologiques développées dans le Geopark Chablais ;
  • les actions en cours avec un focus sur la géoroute du Chablais qui comprend 23 sites aménagées soit plus de 180 panneaux d’interprétations.

Jeudi 1er août

Argentière - Salle communale à 17 heures

Le retour de la loutre dans la vallée de Chamonix

Par François PANCHAUD Responsable mission Animation ASTERS

La loutre, animal très discret et longtemps malmené, fait son coming back dans la vallée de Chamonix !

Difficile à observer, elle laisse certains indices qui peuvent nous aider à repérer sa présence.

Cette conférence permettra à tous de découvrir le milieu de vie de l’espèce, en savoir plus sur ses mœurs et particularités, reconnaître ses traces et prendre connaissance du programme de suivi dont elle fait l'objet.

Bref : mieux la connaître afin de mieux la protéger.

Mercredi 7 août

Argentière - Salle communale à 17 heures

Aménagement du territoire et paysages en Suisse

Par Henri ROUGIER Professeur de Géographie à l’université Lyon 3. Président du Conseil scientifique de l’ARNAR

L’aménagement du territoire est la démarche pratiquée par l’homme pour organiser de manière pérenne l’espace dans lequel il s’établit.

La prise en compte des facteurs naturels et l’adaptation à ceux-ci est la base de son implantation, car le cadre physique impose obligatoirement ses lois dans la perspective de la mise en place d’un système économique.

De la sorte, l’aménagement territorial est une série de réponses que l’homme apporte vis-à-vis de son environnement naturel.

La transcription visuelle correspond au paysage, c’est-à-dire à la matérialisation de cette démarche. Tout paysage est à la fois statique et dynamique, différent d’un moment à un autre : en soi, il est une sorte d’instantané de la territorialisation pratiquée par l’homme.

Au cœur de l’Europe, aux trois-quarts occupée par la montagne, foyer de civilisation, la Suisse offre un incomparable palimpseste de paysages, un foisonnement impressionnant de formes d’adaptation des hommes à un cadre géographique en apparence souvent hostile.

Des hauts plateaux jurassiens dans les Franches-Montagnes aux rivages des lacs subalpins tessinois qui ont une connotation déjà méditerranéenne, des sites emblématiques valaisans mondialement connus aux endroits les plus reculés qu’on recense dans les Grisons, le parcours qui sera proposé durant la conférence permettra de se rendre compte que la Confédération ne se résume pas à la trilogie classique « montres-banques-chocolat », mais représente un laboratoire vivant d’une géographie qui se veut avant tout une science des paysages traduisant l’interrelation existant entre la nature et les hommes.

Jeudi 22 août

Vallorcine - La Ruche à 17 heures

Les dinosaures ont-ils laissé des traces en Valais ?

Par Lionel CAVIN Conservateur du département de géologie et paléontologie Muséum d'histoire naturelle de la Ville de Genève

Les montagnes ne semblent pas être des endroits favorables à la préservation de fossiles aussi ténus que des empreintes de pas laissées par des reptiles il y a des millions d’années.

Pourtant, dans les Alpes valaisannes, des traces préservées dans la roche à plus de 2000 mètres d’altitude sont conservées dans le grès malgré les profonds bouleversements liés à la formation de la chaîne.

D’abord interprétées comme des traces de dinosaures, de nouvelles découvertes et de nouvelles analyses indiquent qu’elles ont été laissées par des animaux encore plus anciens qui vivaient il y a 240 millions d’années.

Nous découvrirons à quoi ressemblaient ces animaux dont les empreintes laissées au niveau de la mer se retrouvent aujourd’hui perchées au sommet des Alpes.

Pour plus d'informations vous pouvez consulter le site du Muséum d'histoire naturelle de Genève à l'adresse suivante : Muséum de Genève

Jeudi 29 août

Argentière - Salle communale à 17 heures

Architecture en montagne : l'exemple de l'Engadine (Suisse).

Par Henri Rougier - Président du Conseil scientifique de l’ARNAR - Professeur de Géographie à l’université Lyon 3.

En Suisse, tout comme dans l’ensemble de l’arc alpin, l’Engadine fait figure de vallée tout à fait à part.

En premier lieu par la géographie : nous voici dans une longue gouttière intra-montagnarde que l’on suit au fil de l’Inn depuis le chapelet de lacs de l’amont jusqu’à une gorge profonde qui marque la frontière avec l’Autriche.

Mais, avec le val Müstair voisin, que l’on ne saurait dissocier d’elle, cette terre de nature, au pied du massif de la Bernina, est également une terre de culture.

Si bien décrite par Nietzsche et peinte par Segantini, l’Engadine recèle un trésor architectural absolument unique, par ses maisons typiques flanquées d’oriels ou de fours à pain, dont les façades peintes portent aussi des maximes en langue romanche.

Pays de charme et de beauté où les villages sont tous différents les uns des autres, l’Engadine n’est pas seulement focalisée sur la station mondialement connue de Saint-Moritz.

Il faut s’arrêter dans ces bourgades dont on ne soupçonne pas la richesse patrimoniale et découvrir un monde authentique qui conserve intactes ses racines paysannes.

Autrement dit, cherchons pour trouver et trouvons pour chercher encore parmi ces lieux magiques