Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges

Détails des conférences proposées pour la saison 2014

Jeudi 10 juillet

Vallorcine - La Ruche à 17 heures

Les colères du Ciel ou la foudre en montagne

Daniel MASOTTI certifié en météorologie générale Météo-France, vice-président de "Géoterrain" (Suisse)

Pour l’alpiniste, l’arrivée d’un orage est toujours un problème qui peut aller de l’échec de l’ascension à des retombées beaucoup plus graves impliquant la santé de l’excursionniste.

Pour parer le plus possible à ces rencontres inopportunes avec les armes de Jupiter, il vaut mieux se renseigner sur l’état et l’évolution de la météo durant l’ascension.

Au travers de mon exposé vous serez initié à des gestes simples et des démarches qui demeurent totalement gratuites, en tout cas à ce jour.
La simple consultation du site internet ‘’METEOX’’ vous permettra par exemple d’échapper à un duel entre les éléments déchaînés et votre humble personne.
Vous pouvez me croire par expérience, lorsque la grêle nous entaille le visage, des flammes violettes dues à l’augmentation du champ électrique vous entourent, pas besoin de grandes explications sur ce qu’est l’humilité.
Les secrets du fonctionnement de la foudre vous seront dévoilés

Voir le compte-rendu paru dans l'article du Dauphiné Libéré du 13 juillet - Accès direct

Jeudi 17 juillet

Argentières - Salle communale à 17 heures

Le col des Montets, passage obligatoire pour les glaciers du Mont-Blanc !

Par Sylvain COUTTERAND Docteur ès sciences Glaciologue, géomorphologue Laboratoire EDYTEM, CNRS

Le col des Montets, aujourd'hui voie de communication majeur, a été façonné par les glaciers du Quaternaire.

Entre le dernier maximum d'extension glaciaire, il y a 25 000 ans, et la fin de la dernière glaciation, il y a 11 000 ans, les glaciers d'Argentière et du Tour s'écoulaient vers la vallée du Trient par cette profonde échancrure, rejoignant ainsi le glacier du Rhône".

Mardi 22 juillet

Argentières - Salle communale à 17 heures

Lavoirs et lavandières

Par Frédéric THOUNY Directeur du Patrimoine des Pays de l'Ain

A quoi sert précisément un lavoir ? Qui l’utilisait ? A quelle période connait-il son apogée ? Y en a-t-il encore beaucoup dans nos campagnes ? Quel rôle social jouait-il ?

Les lavoirs, bien que peu ou plus utilisés, sont encore nombreux. Ils sont, tout comme l'église ou bien le four banal, des éléments structurants de notre paysage local.

Avant l'arrivée de l'eau courante dans les foyers, les lavoirs avaient une grande importance pour le rinçage du linge mais constituaient également un point de rencontre incontournable pour de nombreuses femmes au 19ème siècle essentiellement.

Dimanche 27 juillet

Au chalet d'accueil du Col des Montets - à 17 heures

Les montagnes du Kazakhstan

Par le Dr JAN LENTSCHKE - Université Humboldt, Berlin

Jeudi 31 juillet

Argentières - Salle communale à 17 heures

Terroirs et patrimoine en Suisse

Par Henri ROUGIER, Professeur émérite des universités Président du Conseil scientifique de l’ARNAR

Les mots de « terroir » et « patrimoine » font partie de notre langage quotidien. Mais sait-on vraiment ce qu’ils désignent ?

Le but de la conférence est d’apporter des précisions sur le sujet en se fondant sur l’exemple de la Suisse et de son éclectisme paysager.

Il s’agira de montrer que les facteurs physiques sont systématiquement à la base de l’aménagement du territoire et des paysages, mais aussi qu’ils permettent de déterminer des spécificités locales ou micro-régionales qui individualisent parfaitement des portions d’espace.
A l’idée de terroir, on ajoute souvent celle des produits, voire de la cuisine. Au-delà, il y a les hommes et les paysages qu’ils ont façonnés.

La Suisse est riche par la diversité des situations, exemplaire par la conservation des acquis que les hommes ont su faire, tout en s’adaptant à l’époque présente.
Ainsi la « double mise en valeur équilibrée » se marie bien avec les notions de « terroir » et de « patrimoine », que ce dernier soit « culturel » ou « naturel »

Mercredi 6 août

Vallorcine - La Ruche à 17 heures

La vie secrète de nos chauves-souris

Par Jean-François DESMET Chercheur/Directeur au sein du GRIFEM (Groupe de Recherches et d’Information sur la Faune dans les Ecosystèmes de Montagne)

Projection du film de Tanguy Stoecklé "Au rythme des chauves-souris" (avec accord de l'auteur bien évidemment)

Exposé/animation complémentaires pour apport d'informations sur la biologie des espèces de Haute-Savoie et sur les recherches, suivis et autres actions menées.

Démonstration de matériel : gîtes artificiels à chauves-souris, divers modèles de détecteurs d'ultrasons et de l'intérêt de leur utilisation.
Présentation d'enregistrements d'émissions de chauves-souris enregistrées en modes "hétérodyne" et "expansion de temps" ... explications, interprétation.

Voir le compte-rendu paru dans l'article du Dauphiné Libéré du 29 août - Accès direct

Mercredi 13 août

Argentière - Salle communale à 17 heures

L’absence d’espaces protégés dans les Bornes-Aravis : une exception dans les Préalpes

Par Robert MOUTARD Agrégé de géographie, doctorant en géographie à l'Université Lyon 3

Parmi les cinq massifs préalpins français septentrionaux, celui des Bornes-Aravis est le seul à n’être doté ni d’un parc naturel régional, ni d’un géoparc.
Cette situation n’est pas due à l’absence de richesses paysagères, bien au contraire.
Elle procède d’une volonté assumée des élus locaux de se passer de toute protection des territoires qu’ils administrent sous une forme officialisée.

Après un rappel de l’essentiel des attributs qui différencient les grandes catégories d’espaces protégés, seront évoquées les raisons motivant le choix consistant à s’en passer dans le massif étudié.

Une telle orientation n’est pas sans risques, au moment où l’activité touristique s’exerce à l’échelle internationale, ce qui accentue la compétition territoriale.
La focalisation actuelle sur la notion de « Développement durable » ou ses variations dans le registre environnemental porté par une écologie très médiatisée, justifierait de s’adosser à des « labels » spatiaux reconnus au plan international.

Certes, la population des Bornes-Aravis a su assurer jusqu’ici un développement économique selon le concept de la double mise en valeur équilibrée, tel qu’il est défini par les professeurs H. Rougier et W. Bätzing (2005). Du moins, globalement.
Car des études de cas à des échelles plus fines, révèlent la fragilité de cette situation, qui peut être compromise à tout moment.
Les repères institutionnels en matière de protection spatiale sont-ils absolument nécessaires pour préserver un tel équilibre ? Certains les voient comme des garde-fous.
D’autres les considèrent comme des carcans pour des initiatives nécessaires à une recherche de toujours plus de croissance.
Les termes de cette alternative fondent le débat auquel se réfèrera l’exposé.

Dépourvu du prestige attaché à la haute montagne, ce massif de moyennes altitudes offre toutefois des aménités appréciées
Ainsi, à la faveur de randonnées paisibles, tout un chacun peut s’immerger dans un décor bucolique de torrents, d’alpages et de forêts, jamais loin de villages, de hameaux et de fermes dispensateurs de saveurs du terroir.
Mais en sera-t-il toujours ainsi, si faute de mesures de protection, on laisse s’artificialiser des secteurs entiers telles que la basse vallée du Fier ou certaines combes des Aravis ? On peut craindre de voir se développer insidieusement des pathologies paysagères irréversibles.
Dans l’hypothèse de l’élargissement d’une telle tendance, bien des visiteurs pourraient se tourner vers d’autres unités préalpines voisines, mieux préservées.

Pourtant, Des pistes prometteuses existent, qui n’ont pas la lourdeur des procédures de créations de géoparcs ou de P.N.R.
Le Conseil Général de la Haute-Savoie développe un ambitieux programme de découvertes de zones naturelles sensibles à l’échelle locale.
Il s’appuie pour cela sur diverses structures qui s’emploient à organiser leur connaissance : associations de protection de la nature, O.N.F., écomusées.
Des propositions viennent d’être soumises aux élus afin d’exploiter de nouvelles facettes du patrimoine naturel local.
Par exemple : baliser des parcours à travers des géomorphosites dûment définis, pour comprendre la genèse d’un relief fertile en curiosités de toutes sortes.

Les mesures de protection ne doivent pas nécessairement conduire à la création de musées à ciel ouvert.
Elles permettent en revanche de préserver un capital de beauté, fondement d’un tourisme scientifique en adéquation avec les attentes d’un public de plus en plus curieux et informé.

Robert Moutard

Professeur agrégé, chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, Robert Moutard a enseigné l’Histoire-Géographie à Thônes pendant 36 ans, tout en faisant fonction de conseiller pédagogique académique.

Il occupe sa retraite à préparer un doctorat de géographie à l’Université de Lyon 3, sous la direction de Monsieur Henri Rougier, Professeur émérite dans le même établissement.

Le sujet de sa thèse porte sur l’évolution des paysages des Bornes-Aravis, révélatrice des dynamiques territoriales du massif, et enjeu pour l’attractivité touristique.

Jeudi 21 août

Vallorcine - La Ruche à 17 heures

Le patrimoine des vallées du Trient et de l’Eau Noire et sa valorisation dans le cadre de projets régionaux et nationaux

Par Sandro BENEDETTI Géographe, président de l’association Vallis Triensis


Voir le compte-rendu paru dans l'article du Dauphiné Libéré du 21 août - Accès direct