Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges

Programme des conférences proposées pour la saison 2017

Mardi 11 juillet - à 18h00

Vallorcine - Salle communale


Evolution de la notion de patrimoine

Depuis la Révolution française, la notion de patrimoine n’a cessé d’évoluer pour être aujourd’hui pluriel et concerner les patrimoines matériel et immatériel.

Les politiques publiques ont permis de l’encadrer et ainsi concourir à sa sauvegarde.

Autre acteur incontournable, les associations, au plus proche du terrain, jouent un rôle de sauvegarde, de sensibilisation et d’animation.

Elles complètent un maillage d’autres acteurs du patrimoine, comme les musées.

Par Frédéric THOUNY - Directeur du patrimoine des Pays de l'ain

Mardi 18 juillet - à 18h00

Argentière - Salle communale


La montagne du Maroc

La montagne se localise au cœur de l’espace marocain, proche des grandes villes, dites impériales.

Espace à l’accès difficile, mais jamais infranchissable, la montagne est aussi un espace refuge et rebelle, un territoire de liberté que le Mahzen a toujours cherché à maîtriser.

Les manuels scolaires lui donnent une image de « région-refuge » par rapport à toutes les incursions étrangères ; les dominés, quant à eux, cherchaient à y sauvegarder leur identité, perçue comme menacée.

La montagne est aussi un espace doté de ressources (eau, bois, élevage…) dont tirent profit non seulement les populations montagnardes mais aussi les villes et plaines marocaines.

Par François VIROULET - Documentaliste de l'ENSA

Mardi 25 juillet - à 18h00

Chamonix - Salle du bicentenaire


Les événements glaciaires au fil du temps

Au Petit Âge Glaciaire, des glaciers et des hommes, une cohabitation difficile !

Qu’ils soient en progression ou en retrait, les glaciers ont toujours représenté une menace naturelle pour les habitants des vallées situées en aval.

Entre le XVIe et le XIXe siècle, la crise climatique du Petit Âge Glaciaire a eu un impact considérable sur la société et sur l’évolution des risques glaciaires dans les hautes vallées alpines.

A travers quelques exemples historiques, nous proposons une brève description des risques qu’ils avaient générés, tant lors des crues que des décrues glaciaires.

Par Sylvain COUTTERAND - Géologue

Mercredi 2 août 2017 - à 18h00

Chamonix - Salle du bicentenaire


Les Montagnes sous l'oeil du géographe

La montagne est l’expression d’une troisième dimension, c’est-à-dire l’apparition dans le paysage de l’hypsométrie, la dénivellation, si l’on préfère.

Une plaine est une « surface », une montagne est un « volume ».

Elle est objet de curiosité. Nous pouvons affirmer que nous connaissons la montagne un peu comme si nous l’avions faite nous-même. A ceci près, quand même, que nous l’aurions sans aucun doute conçue plus simplement : Pierre Birot ne s’est pas beaucoup trompé en écrivant que « souvent considérées comme un exemple, les Alpes sont en réalité une espèce de monstre » !

Oui la montagne nous parle, à nous les Géographes. Elle a toujours quelque chose à nous dire. Nous savons de quoi elle est faite, nous connaissons le matériau, avons vu le maçon à la manœuvre, puis passer tous les corps de métier jusqu’aux finitions.

Le Géographe suit de près un chronique continue d’événements, de manifestations hélas parfois meurtrières, qui demeurent pour une grande part imprévisible : avalanches, laves torrentielles, éboulements, chutes de séracs ou encore glissements de terrain. Nous savons de quoi la montagne est capable envers nous si nous ne nous méfions pas de ses colères. Ainsi, le meilleur moyen de s’accommoder de la nature, c’est de commencer par lui obéir. C’est pourquoi nous devons nous montrer modeste vis-à-vis d’elle.

La montagne est une école d’humilité.

Par Henri ROUGIER - Professeur émérite de geographie - Université Lyon III

Jeudi 10 août - à 18h00

Argentière - Salle communale


La vallée des Merveilles

A l’horizon Nord de la Côte d'Azur et de la Riviera italienne, à l'extrême Sud-est du Parc National du Mercantour, la fière silhouette du Mont Bégo et les proches vallées qui l'entourent constituent à la fois un vaste trésor archéologique et un admirable lieu touristique.

Des graffitis plusieurs fois millénaires attestent, en effet, que cette montagne magique fut, dans un très lointain passé, le berceau d'une civilisation pastorale qui laissa, à fleur de roches, les énigmatiques témoignages de sa vie quotidienne et de ses croyances.

Une lente approche pédestre offre au visiteur de la Vallée des Merveilles un silence à peine troublé par le murmure des eaux scintillantes, une dimension humaine propre à ressentir l’éternité d’un décor où rien n’a changé depuis les origines. Abandonnant progressivement l’ombre fraîche d’une forêt riche en couleurs il rencontrera, avant d’atteindre les vastes moutonnements de roches polies par les anciens glaciers, des lacs de toutes formes, lisses comme des miroirs. Comme au terme d’un long et rude pèlerinage, le voilà arrivé sur un site chargé de mystères, dans un univers déchiqueté, unique dans le Sud des Alpes, où les hommes de l'Age du Bronze, effrayés et envoûtés par l'atmosphère irréelle des lieux et l'étonnante coloration des roches, gravèrent par milliers les marques de leur spiritualité, immortalisant ainsi leurs craintes, leurs aspirations, leurs espérances.

Par Roger MOLINARI - Ecrivain

Jeudi 17 août - à 18h00

Argentière - Salle communale


Montagnes et vallées arides du Yémen

Environnement, eau et irrigation à l’époque de la reine de Saba

Le Yémen intérieur aride tourné vers le désert d’Arabie (Rub al Khali) coïncide avec l’extension géographique des royaumes sudarabiques (8ème siècle av. J.C. – 3éme - 4ème siècle ap. J.C. environ. La région étudiée se situe entre 14°30’-15° Nord et 45°40’- 46°30’ Est. Elle est formée de montagnes inscrites dans le socle sudarabique (2.000 à 2500 m d’altitude) dominant de larges vallées s’ouvrant vers l’erg de Saba).

Dans un environnement fortement marqué par l’aridité (50 à 100 mm de précipitations par an), ces sociétés antiques pratiquaient l’agriculture grâce à une remarquable maîtrise des eaux des crues allogènes issues des montagnes. Cette irrigation antique créa des sols fins autorisant la pratique de l’agriculture. A travers une approche géomorphologique et sédimentologique, les dépôts naturels (alluvions des wâdîs et sédiments éoliens) et les dépôts contrôlés (limons d’irrigation antiques) ont été caractérisés.

Ces derniers ont été datés par la méthode de luminescence optique OSL, les plus anciens remontant à 3500 ans BP. Les âges obtenus témoignent d’une fluctuation climatique vers plus d’aridité à la fin de la période sudarabique.

Par Brigitte COQUE - Professeur émérite de géographie - Université Paris VII.

Mardi 22 août - à 18h00

Argentière - Salle communale


Le géopark du Beaujolais

Connu dans le monde entier pour son vignoble, le Beaujolais a hérité d'une géologie riche et complexe. Situé en bordure du Massif Central et en regard immédiat des Alpes, la diversité de son sous-sol et de ses paysages est née de la convergence de nombreux phénomènes et structures géologiques qui laissent une forte empreinte dans le cadre de vie des hommes de ce territoire.

Pour valoriser ce patrimoine exceptionnel, le Beaujolais est candidat au label Geopark de l'UNESCO.

Comment la candidature à ce label permet aux habitants de redécouvrir les richesses locales? Quelle est la place de ce nouvel outil dans la protection des géo-patrimoines?

Mais tout d'abord, un géo-patrimoine, c'est quoi?

Par Charlotte BESOMBES - Chargée de la démarche géopark en Beaujolais

Jeudi 24 août - à 18h00

Vallorcine - Salle communale


Anciennes mines et carrières

De mines en carrières : un itinéraire patrimonial en pays de Savoie et en Valais

La géographie se situe à l’interface entre les données naturelles d’un espace et les sociétés qui l’habitent. À cet égard, les sites d’activités extractives, qu’ils soient souterrains ou à ciel ouvert, occupent une place de choix

Dans les Alpes comme ailleurs en France, ceux dont l’exploitation s’est éteinte sont majoritaires. Certains bénéficient d’une seconde vie en entrant dans le patrimoine des écomusées, voire de geoparks. Hors de ces domaines privilégiés, d’autres seraient irrémédiablement perdus de vue, si des amateurs, des témoins des belles époques des mines et carrières ne s’activaient pour les sauver de l’oubli tant qu’il en est encore temps.

De la chaîne de Belledonne au Chablais suisse et Français, de la vallée de Chamonix au Valais, les exemples de sièges d’exploitation ayant connu des destinées patrimoniales très diverses ne manquent pas. Une dizaine d’entre eux serviront d’échantillons pour un exposé sur la manière dont certains ont capté la lumière de la curiosité humaine, alors que d’autres demeurent pour le moment en zones d’ombre. Mais pour combien de temps ?

Par Robert MOUTARD - Agrégé de géographie - Docteur de l'université Lyon III