Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges

Le Conseil Scientifique de l’Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges, constitué en 2009
est présidé par Henri Rougier, professeur de géographie à l’université Lyon III,
président de l’Association GéoTerrain (Suisse) et Administrateur de la Société de Géographie de Paris.


En 2016 les membres du conseil scientifiques sont :

Survoler les photos avec la souris

  • Henri ROUGIERPrésident
    Géographie
    Géomorphologie

  • Bernard POTYVice-président
    Minéralogie

  • Robert MOUTARDSecrétaire
    Géographie

  • Brigitte COQUEGéomorphologie

  • Sylvain COUTTERANDGlaciologue

  • Serge DROUETGéologie

  • Denis JORDANBotanique

  • Gérad MOTTETGéographie

  • Agnès PRUDHOMMEGéologie

  • Christophe RANDINBotanique

  • Photo J Ravanel - jackyRavanel.jpg

    Jacky RAVANELNaturaliste

  • Frédéric THOUNYPatrimoine

Pourquoi faire ?

Un des buts essentiels du Conseil Scientifique de l’Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges est de promouvoir la connaissance scientifique des territoires dont elle a la charge. C’est à cet effet qu’il a été ré-initié.

Il s’occupe de l’organisation des conférences et des excursions. Une de ses principales activités est de « piloter » les étudiants et chercheurs avancés (master, doctorants) travaillant sur les thèmes relatifs à l’environnement en montagne.

Il a en charge l’intégralité scientifique du programme de rénovation du chalet d’accueil du col des Montets, de la refonte du sentier de découverte existant côté Chamonix et de la création d’un sentier analogue, côté Vallorcine, reliant le col à la cascade de Bérard.

Depuis 2011, un partenariat existe entre le Conseil Scientifique de l’Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges et l’Association GéoTerrain Suisse. C’est ainsi que deux excursions ont été organisées conjointement sur le sentier de découverte créé à Chamoson (Valais), autour de la dent de Chamosentse et que, pour l’été 2013, est prévue une excursion pour nos amis valaisans sur le territoire de nos réserves.

Enfin, il faut signaler que Henri Rougier est également « bourgeois d’honneur » de la commune de Chamoson.

Tout ceci illustre l’ouverture des deux associations réciproques (Conseil Scientifique de l’Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges et GéoTerrain Suisse) sur un espace éminemment transfrontalier.

Le Conseil Scientifique, in corpore, se réunit une fois par an, deux si nécessaire. Cela étant, des commissions existent aussi lorsque certaines nécessités scientifiques l’exigent, par exemple pour ce qui concerne les sentiers ou la rénovation du chalet.

Les publications du Conseil Scientifique

Sous la direction d’Henri Rougier, plusieurs mémoires de maîtrise et de master ont été réalisés sur le territoire des réserves naturelles de la vallée de Chamonix, avec pour thèmes principaux la géomorphologie, la glaciologie et les avalanches.

Ces mémoires, ainsi que d'autres documents réalisés par des stagiaires sont mis en ligne dans la page Étudiants.

Par ailleurs, plusieurs livres concernant la géographie alpine ont été écrits par Henri Rougier et sont en vente au chalet du col.

Les publications conjointes du Conseil Scientifique de l'Arnar et de Géo-Terrain

La visite des carrières de marbre de Saillon

Nous étions une douzaine d’auditeurs, à suivre et écouter avec attention Henri Thurre, qui nous guidait en ce dimanche 9 octobre 2016 sur le Sentier des Marbriers à Saillon, commune du Valais de la rive droite du Rhône, entre Sion et Martigny. Cette excursion scientifique était organisée par l’association Géoterrain.

Les sept heures passées à découvrir – redécouvrir pour certains – les anciennes carrières de marbre perchées à flanc de montagne et leurs infrastructures d’acheminement de roches extraites dans la vallée nous ont paru trop courtes. D’où l’envie de revenir sur cet itinéraire, muni de l’ouvrage qu’H. Thurre a récemment publié sur ce site d’industries extractives. Compte tenu du sujet qu’il traite, l’ouvrage, tout comme la visite, est nourri de substances aussi riches que variées : géologie, bien sûr, mais aussi économie, technique et histoire.

Sur le terrain, l’itinéraire fait parcourir un dénivelé non négligeable de l’ordre de 500 mètres, sans que la promenade soit ardue pour autant. Cela tient à la qualité du chemin, et surtout aux nombreuses haltes explicatives dont notre guide gratifiait son auditoire. Il les organisait soit aux emplacements prévus signalés par des plaques de bronze numérotées, soit au gré des questions posées par les participants. En effet, les circonstances ont montré que l’on pourrait transcrire l’adage selon lequel « l’appétit vient en mangeant » sous la formule : « la curiosité croît en écoutant ». Dense et précis, le discours de notre Mentor fut d’autant plus clair qu’il se fondait sur des exemples visuels : vestiges de dispositifs techniques, sites, paysages. Les géographes ont ainsi apprécié la capacité d’Henri Thurre à jongler avec différentes échelles, passant d’un ravin à un village, voire à l’espace de la vallée du Rhône que domine l’itinéraire. Ainsi, ses explications se trouvaient-elles spatialement contextualisées, la plupart du temps. Nous avons eu ainsi une démonstration supplémentaire pour se convaincre que les visites empruntant aux nouvelles technologies, aux procédés virtuels, ne peuvent remplacer les prestations d’un véritable guide, grand connaisseur du site autour duquel il pilote son auditoire.

Les collectionneurs d’échantillons pétrographiques trouvaient largement de quoi rassasier leur appétit, puisque seule leur capacité physique à les charrier limitaient leurs prélèvements. Si certains d’entre eux ont ainsi lesté leurs sacs de plusieurs kilogrammes, ce n’est pas par masochisme : il est des fragments qui, par la géométrie de leurs veinages, notamment en ce qui concerne les cipolins, perdraient une grande part de leur attrait sous forme de petits fragments. On ne compte pas moins de sept sortes principales de marbres. Celle qui fit la renommée des productions de Saillon est le Cipolin avec l’esthétique de ses fameux veinages sinueux et rubanés. Six autres variétés ont été élaborées par les processus métamorphiques à l’oeuvre lors du déversement vers le nord-ouest de la nappe de Morcles. C’est dans son flanc inverse que le métamorphisme s’est exercé, il y a 32 et 13 millions d’années avant l’époque actuelle, sur des roches sédimentaires datant de 128 à 90 millions d’années.

La muséification d’anciennes carrières s’est beaucoup répandue, notamment dans le domaine du géotourisme consacré aux lieux géomorphologiques remarquables : les géomorphosites. Si le site de Saillon n’est pas encore désigné sous cette appellation, il en réunit tous les attributs. En effet, un géomorphosite requiert l’alliance entre un substrat scientifique reconnu, et le développement de liens économiques et/ou historiques entre celui-ci et les sociétés qui vivent à son contact. Toutes ces conditions se retrouvent ici, au point que les carrières locales mériteraient de prendre rang parmi les modèles du genre. On peut en juger non seulement par la diversité et la qualité des marbres eux-mêmes, que par les conditions techniques de leur extraction à flanc de montagne, ainsi que par les nombreuses et lointaines destinations où il est allé fournir la matière première de pièces ornementales pour des constructions illustres. Parmi celles-ci : la Basilique de Fourvière à Lyon, la coupole du palais de Charlemagne à Aix-la-Chapelle, des éléments intérieurs de l’Opéra Garnier, et au moins six édifices aux Etats-Unis. Ce ne sont là que quelques exemples. On en trouvera la liste détaillée et prestigieuse dans l’ouvrage Du marbre au coeur des Alpes, qu’a signé Henri Thurre, aux éditions Faim de siècle.

Exploitées durant environ un siècle et demi, les carrières de Saillon ont vu le démontage définitif de leurs installations à l’orée des années 1980. Elles revivent aujourd’hui, grâce aux talents de médiation scientifique dont font preuve des passionnés tels qu’Henri Thurre pour valoriser ce fleuron du patrimoine géologique et industriel Valaisan.


Article rédigé par Robert Moutard