Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges

Dauphiné Libéré du 29 août 2014

Samoëns: l’ami des chauves-souris

Voilà plus de trois décennies que ce docteur en écologie animale se passionne pour la faune alpine et plus particulièrement pour l’univers extraordinaire des chauves-souris. Des mammifères méconnus, souvent accusés de tous les maux et victimes de bien des idées reçues. Ces inoffensifs chiroptères seraient capables de ronger les câbles électriques, de manger l’isolation des maisons et s’agripperaient dans les cheveux.


« Bien entendu, toutes ces affirmations sont fausses. Mais le fait que ces animaux soient les seuls mammifères volants et que le plus gros de leur activité se déroule la nuit, explique sans doute ces affabulations » précise Jean-François Desmet.


Celui-ci arpente la Haute-Savoie et plus spécifiquement la vallée du Haut-Giffre pour observer et étudier les mœurs de ces chauves-souris susceptibles d’avaler en une nuit la moitié de leur poids en moustiques et moucherons. De vrais insecticides naturels qu’on aurait tort de vouloir éliminer. « Sur les 34 espèces recensées en France, notre département en compte 29 et le Haut-Giffre pas moins de 26 » poursuit ce spécialiste reconnu des chiroptères. D’une mission scientifique sur l’île de La Réunion à la pose d’émetteurs sur des noctules de Leisler en Corse, Jean-François Desmet contribue nuit après nuit à la meilleure connaissance de ces agiles noctambules payant un lourd tribut à l’utilisation des produits chimiques, à la disparition de leurs sites d’hibernation ou de reproduction, à la transformation de leur espace vital, etc. L’organisation ce vendredi 29 août à Taninges de la 18e “Nuit internationale de la chauve-souris” permettra au grand public de se familiariser avec ces petites bêtes discrètes douées d’un fabuleux système d’écholocation pour se diriger dans l’obscurité d’une nuit sans lune.


Par Olivier Lestien

Dauphiné Libéré du 21 août 2014

Histoire et Randonnées des vallées du Trient et de l’eau noire

Jeudi, Sandro Benedetti, géographe spécialisé dans les questions de sauvegarde et de valorisation du patrimoine, est intervenu en tant président de l’association Vallis Triensis à La Ruche de Vallorcine.


Lors d’une conférence organisée par l’Association de la réserve naturelle des Aiguilles rouges, il a présenté à l’assemblée les projets régionaux et nationaux mis en œuvre pour valoriser les vallées du Trient et de l’Eau noire.


Des découvertes pour tous les goûts

L’assemblée a donc découvert peu à peu les richesses de cette zone géographique qui conserve des traces du passé, comme le blason d’un couple d’Anglais apposé sur un rocher dont ils étaient devenus propriétaires. Mais aussi des sites classés où des traces de dinosaures ont été découvertes. La question de leur datation reste ouverte.


L’intérêt du lieu est également scientifique et on y analyse la stratigraphie. Cette recherche permet de revisiter la création de l’Europe. Peut-être que le Cervin n’est pas le seul à être africain ?


Les amoureux de la nature iront parcourir plusieurs sentiers pour observer l’érosion glacière, découvrir une flore diversifiée, rencontrer une faune pas si sauvage, et chercher des plantes. Les familles aborderont avec plaisir le sentier ludique de la Creusaz labellisé “Charlotte la marmotte”, qui surplombe Salvan et les Marécottes.

Une mine d’or et d’arsenic

Ce sont des sites historiques aussi, avec le vieux pont du Triège, et c’est grâce à l’avènement du tourisme et suite à l’ouverture des gorges du Trient, que la route des diligences a été construite en 1861. Au détour de l’auberge de Salanfe, les randonneurs peuvent visiter la mine d’or et d’arsenic de Salanfe, ouverte en 1904 et exploitée plusieurs fois.


Enfin, les amateurs d’art se rendront jusqu’à la chapelle de Van d’en haut pour admirer les vitraux et la signature de Stravinsky. Les plus joueurs des randonneurs déambuleront sur l’itinéraire du “géoglyphe de Grand tête”, qui relie Salvan à Vernayaz. Il est l’œuvre de l’artiste suisse Alain Monney. En utilisant les sentiers et chemins existants autour du sommet de Grand tête (1351 mètres), il permet de dessiner un profil en marchant.


Belle réussite que ces projets, qui mettent en valeur la vallée et permettent à chacun de la découvrir selon ses centres d’intérêt et d’élargir ses connaissances.


www.vallistriensis.ch


Le projet Alposcope lancé pour valoriser les sites de la régionune importante documentationPour le développement de la zone, le projet “Alposcope” a été lancé. Il a été conçu sur les principes du développement durable, afin de respecter l’environnement alpin et ses habitants. Le but est de valoriser les sites de la région et l’histoire des Alpes. Ainsi, le projet met en avant le réseau des transports, la géologie avec entre autres les traces des dinosaures, la géomorphologie qui s’attarde sur le retrait glacière, la faune et la flore et les lieux de vie, de passage et de métissage. Ce projet n’est pas sans rappeler “Itinério”. Plus de renseignements sur le site internet :www.alposcope.comPour mener à bien toutes ses missions, le géographe Sandro Benedetti s’est documenté avec des sources multiples : des estampes du Valais, des informations sur internet notamment sur le site Gallica de la Bibliothèque de France, et les écrits de savants tels que De Saussure et sa tectonique des plaques ou encore Agassiz et Desor et la théorie glacière.


Par Annabelle LEPROUX

Dauphiné Libéré du 25 juillet 2014

Bernard Poty est le « passeur entre la science et la minéralogie »

Après des études de 1954 à 1957 à l’école de géologie de Nancy, Bernard Poty achève son service militaire au 4e Régiment du génie de Grenoble, ce qui lui permet de se rendre au lieu mythique qu’est la mine de la Gardette.


Le parcours scientifique de Bernard Poty est impressionnant. Cet homme généreux, humain, drôle, demeure très abordable et d’une simplicité incroyable. Bernard est arrivé à Chamonix en 1962 pour y étudier les cristaux de quartz. Il découvre son premier four au sommet de la Neuve, utilisant les cristaux dans ses recherches sur leur formation. À l’époque, les scientifiques les plus à la pointe de la recherche sur le quartz sont les Soviétiques. Il apprend alors le russe et est envoyé en 1963 par le CNRS, à l’Académie des sciences de Moscou. Il réalise une thèse sur les cristaux du Mont-Blanc mais il a besoin de trouver un “sucre”, cristal rare que lui envoie son ami chamoniard Roger Fournier.


Bernard se rend ensuite à l’université de Princeton pour faire de la géochimie expérimentale. Dans ses recherches, il s’appuie sur trois traditions scientifiques : l’école de Nancy pour l’analyse chimique des roches et de minéraux, l’école russe à la pointe de l’étude des fluides contenus dans les minéraux et celle de Princeton, où il apprend les techniques pour comprendre les réactions minéralogiques que l’on observe dans les roches profondes.


De retour en France, il fonde une équipe de recherche dans l’étude des fluides dans l’écorce terrestre. Les géologues du Commissariat à l’énergie atomique lui demandent d’appliquer ses techniques aux gisements d’uranium français. Entre 1968 et 2000, il ne pratique que la géologie de l’uranium et fonde un centre de recherches sur cette spécialité.


Bernard Poty écrit des articles scientifiques, participe à des réunions internationales et trouve le temps de réaliser l’ascension du Cervin à 72 ans avec son fils et Éric Fournier, le maire de Chamonix. C’est naturellement qu’il préside le Comité scientifique du musée des cristaux de Chamonix.

Par Joëlle BOZON

Dauphiné Libéré du 22 juillet 2014

Causerie avant le salon du livre au Jardin des cimes

Samedi soir au Jardin des cimes, Michel Moriceau, président de l’association du salon du livre de montagne, recevait Henri Rougier pour une causerie littéraire autour de son ouvrage “La Suisse et ses paysages, une mosaïque géographique” aux éditions Loisir et pédagogie.

Henri Rougier, géographe, photographe et auteur, était professeur émérite de géographie physique à l’université de Lyon. Ce brillant universitaire a toujours su s’exprimer clairement pour être compris du grand public et ses œuvres, aussi pointues qu’elles soient, ont largement été vulgarisées.

La Suisse au premier plan

L’ouvrage qu’il présentait aborde la Suisse et ses paysages de façon inattendue et avec de superbes photos.

Pour Henri Rougier, la géographie explique beaucoup de choses sur les paysages et les comportements humains qui lui semblent liés. « Rien n’est vraiment dû au hasard, il faut être humble devant la nature ». Il montre comment, en Suisse, l’aménagement du territoire est respectueux de l’environnement. La vie rurale et la vie citadine sont très liées.

Avec ses quatre langues (Henri Rougier est germanophone) et ses paysages variés, la Suisse est multiple : lacs, montagnes (Alpes, Jura), plaines, vignobles, vergers, élevage. Mais l’authenticité est partout. Traverser la Suisse est un enchantement, même en train. Michel Moriceau a dialogué avec l’auteur dont il partage des émotions contenues dans l’œuvre.

Henri Rougier participera au 24e salon international du livre de montagne de Passy et donnera une conférence dimanche 10 août à 15 heures sur le thème “Les terroirs de la Suisse gourmande”.

Par Pierre HUC

Dauphiné Libéré du 13 juillet 2014

Se protéger contre la foudre en montagne

L’association de la réserve naturelle des Aiguilles rouges propose tout l’été des conférences. Ce jeudi 10 juillet 2014, Daniel Masotti, certifié en météorologie générale Météo-France et vice-président de l’association suisse “Géoterrain” nous emmène dans les mystères du ciel.


Il se prend de passion pour la foudre et ses secrets lorsqu’à 15 ans, à l’exposition nationale suisse, il observe une démonstration d’arc électrique. Cette étincelle de plusieurs mètres de long l’intrigue. Six ans après, pendant une randonnée en montagne, il est surpris par un orage et va subir l’augmentation du champ électrique. Le coup de foudre tombe juste 10 mètres devant le groupe. Étant le premier, il reçoit ce que l’on appelle un barotraumatisme, il perd l’ouïe et a des douleurs musculaires pendant 10 à 20 secondes. Sa surdité de 95 % va petit à petit disparaître. C’est ainsi que cette rencontre avec la foudre va le rendre passionné et passionnant.


C’est avec engouement et humour qu’il explique la création de l’orage avec l’observation de plusieurs phénomènes : la reconnaissance des cumulonimbus, le soulèvement de l’air chaud d’un côté et des rafales d’air froid de l’autre. Puis, il décrit la foudre, cette électricité pouvant atteindre jusqu’à 100 millions de volts, difficile à imaginer, même en comparant avec les 220 volts de nos prises électriques.


Merci au spécialiste, qui nous a divulgué quelques conseils pour éviter que le ciel ne nous tombe sur la tête !

Quelques conseils pour se protéger de la foudre en montagne :

  • Éviter les arêtes et sommets ;
  • éloigner les objets conducteurs : crampons, piolets, etc. ;
  • éviter de se positionner à l’entrée d’une grotte ;
  • dans une grotte, éviter de se positionner proche d’une source d’eau
  • s’isoler au maximum du sol au moyen de tout matériau isolant : rouleau de corde, sac de couchage, ou sac à dos dont l’armature est posée sur le sol.
  • Pour aller plus loin : www.meteo-assistance.ch

Par Annabelle LEPROUX

Dauphiné Libéré du 12 juillet 2014

Réserve ton vendredi pour la nature

Les amis des Réserves naturelles des Aiguilles rouges organisent leur premier rendez-vous “Réserve ton vendredi !” de la saison estivale 2014.


Celui-ci se tiendra ce vendredi 11 juillet, de 14 heures à 18 heures, au chalet d’accueil du col des Montets et portera sur le thème de “l’eau en montagne”.

Différents ateliers sont prévus sur ce thème, pour les enfants de tous âges : la faune et la flore aquatiques, les nuages, l’utilisation de l’eau en montagne, les glaciers ainsi que la confection de pluviomètres et de mini-serres à partir de bouteilles en plastique.

Ces activités seront encadrées par les étudiants stagiaires à l’Arnar et sont gratuites. Trois autres événements de ce type suivront.

Dauphiné Libéré du 3 juillet 2014

Les collégiens aux Aiguilles rouges

Les élèves de 3e D et d’option sciences du collège Prévert sont allés lundi au chalet des Montets finaliser leur projet pluridisciplinaire organisé par les enseignants d’arts plastiques, M. Masset, de sciences, Mme Talichet et d’anglais, Mme Woringer. Ils ont vécu une journée au sein des Aiguilles rouges, accueillis par M. Gubier président de l’association, Estelle Blesbois, responsable des activités pour les jeunes, Joëlle Porot, professeur et bénévole de l’association et par les stagiaires nouvellement arrivés.


Par petits groupes, ils ont découvert la faune et la flore, guidés par des bénévoles passionnés. Après la pause méridienne, ils ont installé leurs différentes productions plastiques temporaires qui seront en libre accès tout l’été. En tenant compte des spécificités du lieu ils ont présenté leur vision d’un musée des curiosités en se réappropriant les mondes animal, végétal, minéral. En filigrane, contes et histoires d’autrefois.

La journée s’est terminée par une randonnée dialoguée au cours de laquelle les jeunes ont parcouru le sentier menant à la cascade de Bérard. Ils ont croisé des bouquetins, longé des sentiers parsemés de bugles pyramidales. Ce projet se poursuivra et s’achèvera par une mise en ligne de traductions en anglais faites par les élèves.

Par G.T.

Dauphiné Libéré du 25 mai 2014

Projet « aiguilles rouges » au collège

Depuis la rentrée de septembre, sous la conduite de trois professeurs, Ariane Woringer (anglais, responsable du projet), Romuald Masset (arts plastiques) et Stéphanie Talichet (physique-chimie), 38 élèves de 3e sont engagés dans le projet “Aiguilles rouges 2014”, qui connaîtra son apogée le 3 juin.


Un projet environnemental interdisciplinaire en trois temps : traduction, création et sortie.

L’idée est venue d’un stage hors établissement, dans une réserve naturelle. Il s’agit de traduire les panneaux des points d’accueil, les règles des réserves pour les visiteurs anglophones désireux de respecter l’environnement du parc.

Une exposition d’arts plastiques a été créée sur le thème des animaux, dans l’idée du musée des curiosités et du chaînon manquant.

La sortie du 3 juin sera ponctuée par la visite guidée du chalet d’accueil de la réserve, l’installation de l’exposition et le parcours du sentier-découverte à la cascade de Bérard, au col des Montets.

L’objectif est de motiver les élèves par une action concrète dans laquelle ils s’investissent.

Une action utile pour la protection de l’environnement, qui sollicite le développement de leurs connaissances dans diverses matières scolaires tout en faisant découvrir le patrimoine naturel de la région.


Par Gilbert TARONI