Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges

Dauphiné Libéré du 4 août 2015

Paravalanches utiles ou futiles ?

Paravalanches utiles ou futiles ?

Telle est la question qui fût posée il y a quelques jours au sein de la salle communale d’Argentière au professeur de géographie exerçant à Lyon 3 et président du conseil scientifique de l’association des Aiguilles Rouges, Henri Rougier.

Témoins des temps anciens, les montagnards ont toujours vécu contre l’avalanche.

Ce risque naturel, arrive parfois sur des lieux inimaginables. Le danger qui lui est lié, représente bien une réalité objective. Le principe est simple : une quantité importante de neige s’écoule sur une pente plus ou moins forte mais surtout très lisse.

Pour s’en prémunir, deux types de protections subsistent : une protection passive et naturelle de la vallée et une protection active où l’homme intervient pour empêcher que le phénomène se produise.

Les paravalanches du Montenvers et de Vallorcine comme exemple

La première se constate grâce aux moraines et à la végétation. La seconde se construit. Protéger s’effectue à la fois grâce à la construction de râteliers et par des déclenchements.

De leur côté, les pisteurs effectuent tout l’hiver un travail de préparation et de sécurisation de domaines skiables.

Les paravalanches sont une réelle parade, plusieurs exemples dans la vallée ont donné des résultats. On retiendra celui du train du Montenvers, qui ne circule en hiver que depuis 25 ans ; et ceux du côté de Vallorcine, qui ont prouvé leurs efficacités, peut-être parce qu’ils ont été façonnés par des “anciens” qui ont observé les phénomènes et su se référer aux histoires du passé.

Un institut suisse comme précurseur

Ces constructions sont là aussi pour protéger les maisons. Elles ont pour but de détourner l’avalanche, comme avec les cônes freineurs, ces sortes de barricades. Une partie de la neige descendante est bloquée et l’autre est pulvérisée. L’énorme vague de poudre vient buter contre la digue de protection.

L’étude de ces phénomènes s’accomplit essentiellement en été. Un institut suisse a été le précurseur et reste à ce jour une référence mondiale en la matière. Il est né suite à une série d’avalanches en 1951, qui ont fait 252 décès en cinq jours dans les Alpes.

Le Davos s’est ainsi créé ; son intérêt est de comprendre le phénomène et d’agir en conséquence. Cet institut a toujours privilégié la protection active.

Le conférencier est resté lucide.

La vallée comprend beaucoup de couloirs avalancheux, plus de 120. À ce jour le risque zéro n’existe pas, « il ne faut pas s’imaginer que la sécurisation par le paravalanche soit totale ou intégrale ».

Mais c’est grâce au rôle du diagnostic et de la connaissance du terrain, que des décisions ont pu être prises dans le bon sens.

Par Annabelle LEPROUX

Dauphiné Libéré du 21 mai 2015

Sept conférences passionnantes cet été avec l’Association des réserves naturelles des Aiguilles rouges

Le chalet des réserves naturelles des Aiguilles rouges, situé au col des Montets, a rouvert mi-mai. Pour l’animer tout l’été, l’équipe a concocté un programme de conférences dont la majorité portent sur les différents risques naturels du territoire.


La première conférence aura lieu le 9 juillet à la salle communale d’Argentière. Micheline Hotyat, professeur émérite à la Sorbonne (Paris IV) et recteur honoraire de l’académie de Caen, proposera un tour du monde des arbres extraordinaires.

Le 16 juillet à La Ruche à Vallorcine, “Estimer et limiter le risque avalanche” sera le thème abordé par Robert Bolognesi, directeur de Météorisk à Sion.

Le 23 juillet à la salle communale d’Argentière, le géographe Robert Moutard viendra parler des torrents et de la gestion de leurs colères.

Le 30 juillet, on parlera cette fois des paravalanches de la vallée de Chamonix et on s’interrogera sur leur efficacité avec Henri Rougier, professeur émérite de géographie à l’université Lyon 3 (salle communale d’Argentière).

Le 6 août à La Ruche de Vallorcine, changement total de sujet avec “Colombier, pigeonnier et volière : histoire et architecture” présenté par Frédéric Thouny, directeur du patrimoine des Pays de l’Ain.

Le 17 août à la salle du Bicentenaire de Chamonix, Michel Cara, professeur émérite de géophysique à l’université de Strasbourg, viendra parler des séismes dans les pays du Mont-Blanc.

Sujet militaire pour conclure ce cycle de conférences le 20 août à la salle communale d’Argentière avec “La Patrouille des glaciers” présentée par le capitaine D’Eggis de l’armée suisse.


Par DL

Dauphiné Libéré du 16 mai 2015

Six visites guidées avec les réserves naturelles cet été

Outre un programme de conférences bien rempli, l’association des réserves naturelles des Aiguilles rouges a programmé plusieurs sorties cet été.


Mardi 7 juillet, escapade au Chapeau avec Jacky Ravanel, sur le thème “Nature et patrimoine”.

Mardi 21 juillet, sortie à Tortin (Val de Siviez, Valais) avec Henri Rougier, professeur émérite de géographie à l’université Lyon III.

Mardi 28 juillet, visite du musée des cristaux de Chamonix avec Bernard Poty, membre du club de minéralogie de Chamonix et président du comité scientifique du musée.

Mardi 4 août, “Histoire et évolution de l’alpage de Loriaz” avec Xavier Dunand, accompagnateur en montagne et guide du patrimoine des pays de Savoie.

Mardi 11 août, sortie géologique au lac Cornu avec Serge Drouet, géologue.

Et mardi 18 août, sortie botanique aux aiguillettes Parées (Vallorcine) avec Denis Jordan, botaniste.

Inscription obligatoire et payante. Infos : chalet d’accueil du col des Montets ou 04 50 54 02 24.


Par DL

Dauphiné Libéré du 15 mai 2015

Le chalet des réserves naturelles a rouvert hier

Le chalet d’accueil des réserves naturelles des Aiguilles rouges a ouvert ses portes hier au col des Montets, et les bouquetins sont au rendez-vous autour du chalet !

En mai, il est ouvert tous les jours de 10 heures à 17 heures. Pour les autres périodes, les horaires sont indiqués sur le site internet de l’association www.rnaiguillesrouges.org.


À noter que jusqu’au 6 septembre, le chalet accueille une exposition de photos de la faune des Aiguilles rouges réalisées par Mathieu Sciberras.


Par DL

Dauphiné Libéré du 10 mai 2015

Alerte au scolyte qui détruit les épicéas

La direction départementale des territoires (des deux Savoie) et les professionnels de la forêt, sous la houlette du Pôle excellence bois, tirent la sonnette d’alarme. Toutes les conditions sont en effet réunies pour que le scolyte (ou bostryche) fasse son retour en force dans les forêts de la région et mette en danger les épicéas qui constituent la majorité des espèces dans notre région (lire ci-contre).

L’insecte avait déjà sévi dans la région aux débuts des années 2000 suite à la tempête de 1999 et aux chaleurs de 2003. D’importants abattages d’arbres avaient alors été réalisés. « Les troués de chablis non exploités et les conditions de sécheresse du printemps 2014, conjuguées à celle de septembre 2014 ont permis un vol important et efficace des scolytes » explique-t-on à la Direction départementale des territoires (DDT).


La chaleur de ces derniers jours ne va pas arranger les choses

Un comité pour lutter contre les risques de prolifération des scolytes a ainsi été mis en place co-piloté par le Pôle excellence bois (basé à Rumilly) et l’État. Il fédère tous les acteurs concernés par la forêt, des communes aux professionnels du bois en passant par les propriétaires privés et publics. L’Assemblée des Pays de Savoie a pris des mesures d’aides pour soutenir cette mobilisation.

Au programme : « Un processus de détection et de lutte mis en place via un réseau de référents territoriaux » précisent ensemble Jean-Charles Mogenet, vice-président du Pôle ; Vincent Boneu et Claude Gemignani de la DDT 74. Les personnes -et les promeneurs sont aussi sollicitées !- qui observent une attaque de scolytes (lire l’Info en + ci-contre) sont ainsi invitées à contacter un référent territorial qui vérifie et s’assure de la présence réelle de l’insecte et enclenche le processus de lutte ( 1 ).

« Un arrêté préfectoral de lutte phytosanitaire obligatoire sera pris au niveau de chaque commune concernée par une attaque » précise Vincent Boneu. Des abattages seront alors envisagés.

( 1 ) La liste des référents territoriaux est consultable sur le site internet du Pôle : www.poleexcellencebois.fr


Comment détecter la contamination ?Il faut repérer les attaques suffisamment tôt quand les scolytes sont encore au stade de larves à l’intérieur de l’arbre. Le but est d’éviter que les insectes s’envolent vers d’autres arbres. Un écoulement de résine, de la sciure sur le tronc peut signaler la présence de l’insecte. Les arbres concernés sont les épicéas, surtout ceux affaiblis.Quand la cime de l’épicéa non alimentée en sève jaunit puis les aiguilles deviennent rouges avec sa mort, il est déjà trop tard pour la lutte sanitaire… l’insecte est déjà parti ailleurs.


Le scolyte est un insecte de la famille des coléoptères (scarabées, coccinelles, hannetons, charançons, etc.) nommé aussi bostryche. Il existe plusieurs types de scolytes. Dans les départements savoyards, le plus répandu est le “typographe”, un grand scolyte qui s’attaque à l’épicéa, espèce d’arbres majoritaire en Savoie et Haute-Savoie. Le cycle biologique annuel est dépendant des conditions climatiques. En général, on note une à deux générations d’insectes par an selon les températures et l’altitude. Des vols peuvent être permanents d’avril à octobre notamment en cas de températures supérieures à 20 °C et absence de pluie.


Comment le scolyte colonise un arbre ?

L’essaimage débute fin avril avec les premières grosses chaleurs. Le mâle pénètre sous l’écorce et féconde plusieurs femelles qui forment alors des galeries de pontes rectilignes. Dès l’éclosion, la larve se développe dans les galeries perpendiculaires. Les jeunes sortent en début d’été. Lorsque le réseau de galeries est important avec de fortes attaques, la sève ne peut plus circuler et on assiste plus ou moins rapidement à la mort de l’arbre.


Le scolyte n’est pas, et de loin, le seul prédateur à s’attaquer aux arbres de nos forêts. Mais tous ne provoquent pas des dégâts aussi importants et n’impliquent pas de solutions aussi radicales que celles préconisées par le Pôle excellence bois avec le scolyte. Deux champignons et un insecte peuvent néanmoins poser problème dans les Pays de Savoie.

Le cynips du châtaignier est un insecte arrivé tout droit de Chine. Il a été repéré pour la première fois dans notre région en Ardèche en 2010. Il pond ses œufs dans les bourgeons. Il peut compromettre la récolte des châtaignes.

Le chalara fraxinea (il vient de Pologne) est un champignon dont la prolifération sur le frêne est encore mal connue. Il a fait son apparition au début de ce siècle du côté de Bellegarde (Ain) en ce qui concerne notre région. Il n’y a pas encore de méthode pour lutter contre sa prolifération et l’abattage n’est pas prévu. Ce champignon est aujourd’hui sous observation.

Le chancre du châtaignier est un autre champignon bien connu depuis plus d’un siècle. Il provoque des dépérissements graves pouvant entraîner la mort de l’arbre hôte. Il est sous haute surveillance en Savoie et Haute-Savoie. L’abattage peut être préconisé.


Par Dominique CHEUL