Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges

Dauphiné Libéré 19 août 2016

2016, année de la « révolution » pour l’Association des réserves naturelles

L’Association des réserves naturelles des Aiguilles rouges (Arnar) a tenu, mercredi soir, sa 44e assemblée générale à Vallorcine. Après plus de quatre décennies d’existence, l’association et ses membres ne manquent pas d’idées pour continuer à avancer et se renouveler.

Le bureau de l’Arnar s’est félicité d’une convention tripartite signée avec la mairie de Chamonix et la Communauté de communes de la vallée de Chamonix. Cet accord, mis au point le 23 février et signé le 17 juin à la maison de village d’Argentière, a été conclu pour une durée de cinq ans. Depuis plusieurs années, « aucun accord n’avait pu être établi entre les parties : cela ne nous avait pas empêchés de fonctionner normalement », a rappelé le président Dominique Gubler. Il n’empêche, cette signature apporte aujourd’hui une aide considérable à la structure.

C’est une « révolution » pour le vice-président Bernard Poty. Cette convention a notamment permis l’embauche de l’animateur Alex Bruneau sous forme de contrat saisonnier, sous l’autorité hiérarchique de la communauté de communes mais coordonné par l’Arnar. « Nous espérons et souhaitons que ce contrat soit transformé en CDD, voire en CDI », a remarqué Dominique Gubler. Le jeune accompagnateur en moyenne montagne avait été stagiaire, il y a quatre ans, au chalet d’accueil du col des Montets. La communauté de communes sera également chargée de la rémunération des hôtesses d’accueil.

« Un engagement non négligeable »

La commune de Chamonix s’engage quant à elle à mettre à disposition de l’association « les moyens matériels dont nous pourrions avoir besoin ».

De son côté, l’Arnar s’engage à proposer des actions d’animation « plus profondes » sur toute l’année, et pas seulement pendant l’ouverture du chalet. Par ailleurs, le conseil scientifique apportera une aide à l’ensemble des communes de la communauté de communes. Enfin, un programme sera proposé pour les temps d’activités périscolaires. « Un engagement non négligeable du point de vue intellectuel et matériel », a constaté le président.


Nouvelle adresseNouveau président ?Davantage de jeunes et de résidents permanents…Cotisation inchangéeL’association a déménagé. En fin d’année dernière, elle a quitté ses bureaux au tennis des Îles et a été installée à la Maison de village d’Argentière, où elle partage ses bureaux avec Asters.« Je ne suis pas éternel. » Par ces mots, le président a annoncé qu’il quittera ses fonctions à l’issue de la prochaine assemblée générale. Ce qui laisse un an pour motiver les successeurs.Plusieurs places sont à prendre au sein du conseil d’administration, qui cherche particulièrement des jeunes (« les membres du conseil ont un peu trop de cheveux blancs ») et des résidents permanents, trop peu représentés.Depuis 2014, la cotisation annuelle s’élève à 30 euros. Un montant qui ne changera pas pour l’année 2017.


Par Rémi MILLERET

Dauphiné Libéré du 19 août 2016

Bientôt trois sentiers de découverte ?

Un sentier de découverte existe déjà et permet, au départ du col des Montets, sur une boucle de deux kilomètres descendant sur le versant chamoniard, d’en savoir plus sur l’écosystème.

Mais deux autres projets pourraient voir le jour : un premier sur le versant vallorcin et un second sur la commune des Houches.

Selon Henri Rougier, président du conseil scientifique, ce sont des milieux « complémentaires » qui montrent « la richesse extraordinaire dans la diversité » des réserves naturelles des Aiguilles Rouges.

Dauphiné Libéré du 19 août 2016

Chalet du col des Montets : la rénovation traîne

Le projet est dans les cartons depuis six ans. Et reste pour l’instant au point mort. Pourtant, le chalet d’accueil du col des Montets est dans un triste état et sa rénovation s’annonce nécessaire. Notamment au sous-sol, où « des fuites d’eau perdurent » et au plafond « extrêmement dégradé ». Dominique Gubler, président de l’Arnar, va même jusqu’à décrire des toilettes publiques « d’un autre âge » : « Cela donne une mauvaise image de Chamonix », regrette-t-il. Les aménagements ne pourront toutefois se faire que dans le cadre d’un projet territorial à l’échelle de la communauté de communes.

Craignant que le projet des travaux demeure « pour longtemps encore dans un fond de tiroir », bien que la nouvelle convention (lire ci-dessus) pourrait permettre d’accélérer le mouvement, l’équipe de l’Arnar a réfléchi malgré tout à un réaménagement du sous-sol qu’elle souhaite voir réalisé à l’automne.

Des nouveaux créneaux d’ouverture ?

Ce projet, présenté par le président du conseil scientifique Henri Rougier, consiste à proposer « une nouvelle formule plus moderne de présentation à notre public de ce que contient notre territoire en matière de géologie, de géomorphologie, de glaciologie, de pédologie et de flore, à quoi s’ajoute la faune ». L’espace, qui proposera des nouveaux panneaux de présentation, échantillons et images, sera également agrémenté d’un espace dédié à l’accueil des spécialistes.

La fréquentation en 2015 a permis de conclure que le chalet du col des Montets avait été ouvert trop tôt (le 14 mai) et fermé également trop tôt (le 6 septembre). « Nous avons observé des erreurs dans notre fonctionnement », a reconnu Dominique Gubler. L’ouverture a donc été reculée, cette année, à fin mai et la fermeture à fin septembre. Les conséquences de ces modifications seront analysées pour l’année 2017. À noter que les vacances de la Toussaint sont « propices aux visites » : plus de 1 000 personnes ont été accueillies sur cette période en 2015.

L’association dispose également d’une antenne au Brévent où des animateurs et étudiants accueillent les visiteurs tous les jours en juillet-août.


Dauphiné Libéré du 6 août 2016

L’Arnar a préparé son assemblée générale

Au col des Montets, dans le chalet de la réserve naturelle des Aiguilles Rouges, s’est tenu mercredi le conseil d’administration de l’Association des réserves naturelles des Aiguilles Rouges (Arnar).

Ce dernier avait pour objectif principal la préparation de l’assemblée générale qui aura lieu mercredi 17 août à la Maison de village de Vallorcine, à 17 heures.

Ainsi que la réflexion sur un futur projet de géologie qui sera présenté à la communauté de communes.

Dauphiné Libéré du 05 août 2016

Coup de projecteur sur les arbres remarquables

Chamonix

Une conférence et présentation du livre “Du Léman au Mont-Blanc, arbres remarquables” a eu lieu à la salle du Bicentennaire, mardi, à 17 heures. Elle était animée par les auteurs de l’ouvrage : Claude Lebahy (à gauche sur la photo), ingénieur à l’Office national des forêts (ONF), Tristan Meudic, botaniste, et Henri Rougier (au centre), président de l’Association des réserves naturelles des Aiguilles Rouges (Arnar).

Ils ont présenté une série de photos tirées du livre sur les spécimens d’arbres remarquables du département, depuis le Léman jusqu’au Mont-Blanc. Du mélèze à l’épicéa, du bouleau au hêtre, tant par leurs formes, leurs âges, leurs tailles et implantations insolites, ils ont étonné, incitant le public à leur rendre visite sur leurs lieux d’implantations.

Une prochaine présentation aura lieu au salon du livre à Passy, samedi.

À droite sur la photo, nous apercevons Robert Moutard, géographe, qui a également participé à l’écriture du livre

Dauphiné Libéré du 31 juillet 2016

Une conférence sur les arbres remarquables de Haute-Savoie

Les arbres ont, de tout temps, fasciné les hommes, car ils marquent leur paysage quotidien. Par ailleurs, ils leur sont utiles à divers titres : producteurs de fruits comestibles, fournisseurs de bois de chauffage ou bois d’œuvre, générateurs d’ombre…

Au sein de toute forêt, des arbres se distinguent des autres par leur taille, leur configuration, leur originalité. Ces arbres remarquables seront l’objet de la conférence proposée, mardi, par Claude Lebahy, ingénieur de l’ONF, et Tristan Meudic, botaniste. Le sujet est étendu à l’échelle du département, l’un des plus forestiers de France mais également celui dont l’extension en altitude bat tous les records entre le point le plus bas et celui le plus haut. D’où une variété de situations géographiques et une panoplie d’espèces et de sujets infinie.

Un “chercheur d’arbres”

Tristan Meudic est « chercheur d’arbres », comme il se présente. Claude Lebahy s’est consacré, lui, pendant de nombreux mois à un authentique travail de bénédictin pour parvenir à recenser un maximum d’arbres remarquables dans les divers coins de Haute-Savoie. La somme de leurs recherches aboutit à un canevas varié pour le randonneur, l’amateur d’arbres ou le simple promeneur urbain. Car les villes aussi recèlent de beaux spécimens.

Les auteurs de ce recensement, qui doit faire l’objet d’un livre à paraître cette année, espèrent au travers de cette conférence, faire partager leur amour pour ce territoire comme pour la végétation, poumon de la vie sur terre et en particulier pour les arbres, étendards symboliques de ce monde végétal.


Dauphiné Libéré du 24 juillet 2016

Une promenade scientifique aux Aiguilles rouges pour le plaisir des connaisseurs

Promenade scientifique pour le plaisir des connaisseurs !

Organisée par la réserve naturelle des Aiguilles rouges, vendredi, la sortie botanique a réuni des forestiers, des botanistes en herbe, tous passionnés de ce monde en constante mouvance.

Animée par Denis Jordan, botaniste, auteur de l’atlas “La flore rare ou menacée de Haute-savoie” et Jacky Ravanel, naturaliste, la promenade sur le sentier de la Pierre à Bosson prenait des allures studieuses.

Sous la pluie et dès 9 heures du matin, le groupe d’une vingtaine de personnes motivées notait les explications avec les noms de plantes de la même façon en français qu’en latin.

À la découverte de la faune et de la flore de la réserve naturelle

L’intérêt de la balade fut de découvrir les plantes les plus adulées et les non-désirables, d’observer leurs évolutions selon l’acidité des sols, le versant, mais aussi d’essayer de repérer les passages de l’homme notamment ce que les bergers d’antan ont pu façonner pour faciliter la garde de leur troupeau.

Le soleil a fait une percée au beau milieu des nuages dans le courant de la matinée. Ce premier rayon a amené le chant du pic-vert, comme un bon présage pour la suite de la journée.

Ainsi, chaque son, chaque vision n’est que le support à des explications toutes plus pointues les unes que les autres. Si le but de la sortie est bien d’enrichir ses connaissances, la promenade sur le sentier est aussi l’occasion pour ces amoureux de la nature de se retrouver pour une randonnée conviviale.


Par Annabelle LEPROUX

Dauphiné Libéré du 23 juillet 2016
Réserves naturelles en Haute-Savoie - Dans la vallée de Chamonix, entre Les Houches et Vallorcine, trois sites protégés

Les richesses du massif des Aiguilles rouges au cœur de trois réserves naturelles

Les réserves naturelles du massif des Aiguilles rouges. Derrière cette appellation, on trouve trois sites protégés, situés dans la vallée de Chamonix et étalés sur les communes des Houches, Chamonix et Vallorcine. La plus ancienne - et de loin - des trois réserves naturelles est celle des Aiguilles rouges, créée en 1974 sous l’impulsion du curé d’Argentière Jean Eyheralde et de la géologue Yvonne Gubler. Les deux autres, de Carlaveyron et du Vallon de Bérard, ont vu le jour respectivement en 1991 et en 1992.

Sur un total de près de 4 500 hectares, ces trois sites collés les uns aux autres ne font qu’un. Pourtant, ils ont des caractéristiques qui leur sont propres. C’est ce qui fait la richesse de l’ensemble.

« Une des plus belles vues de la vallée »

La réserve de Carlaveyron commence dans les gorges de la Diosaz où l’on trouve une « forêt quasi inaccessible qui n’est plus exploitée depuis de nombreuses années », décrit le garde technicien Laurent Delomez.

La fréquentation est nulle dans cette zone sauvage. Puis la réserve poursuit son chemin sur un plateau de Carlaveyron raboté par les glaciers. Là, les zones humides abritent « des espèces végétales et d’insectes intéressantes ».

Le lac du Brévent, à 2 127 mètres d’altitude, sert de frontière avec la réserve naturelle des Aiguilles rouges, installée en grande partie sur le territoire chamoniard et débordant sur Vallorcine. Elle se trouve plus en altitude et abrite donc des milieux plus minéraux avec un versant face à la vallée de Chamonix et un autre “derrière” les Aiguilles rouges.

Sur le premier sont accrochées deux stations de ski (Brévent et Flégère), autant de portes d’entrée sur la réserve naturelle et notamment sur le lac Blanc où la fréquentation atteint des pointes à 2 000 visiteurs par jour : « C’est une des plus belles vues de la vallée », décrit le garde. Sur l’autre versant, le site n’est pas aménagé, outre la présence du sentier GR 5.

Puis arrive la réserve du Vallon de Bérard, à Vallorcine. Un cirque glaciaire à basse altitude, en train de fondre. Le milieu est couvert de glace et de neige. On trouve aussi des moraines, ces amas de débris rocheux, mais aucun sentier. Un milieu donc peu végétal.

À travers la gestion des trois sites, le conservatoire d’espaces naturels Asters a pour objectif principal la protection des milieux. L’un des grands enjeux est aussi la gestion, été comme hiver, d’une fréquentation concentrée sur la réserve des Aiguilles rouges.

Les milieux sont aussi un formidable terrain de jeu pour les scientifiques qui y développement des protocoles de suivi. Sur les lacs notamment, dont le massif est bien doté. Et à différentes altitudes : entre 1 900 et 2 400 mètres. Ceux du Brévent (2 127 m) et Cornu (2 276 m) ont d’ailleurs été équipés de capteurs relevés chaque année et font l’objet de prélèvements pour « vérifier si leurs paramètres physico-chimiques ne changent pas ». Un moyen de concilier tourisme, protection de la nature et compréhension de l’environnement.

Des petites chouettes rares colonisent la vallée de Chamonix. Côté faune, outre la présence des marmottes, bouquetins et autres chocards à bec jaune, deux espèces de chouettes de petite taille sont observables dans le massif des Aiguilles rouges : on les appelle chevêchette ou de Tengmalm. Ces espèces « sont en train de coloniser la vallée car on trouve des peuplements forestiers, peu exploités, qui leur sont favorables : les arbres sont suffisamment vieux pour être creusés par des pics (l’oiseau pic noir ou pic épeiche notamment, NDLR), ce qui permet à la chouette de trouver un habitat », explique Laurent Delomez. Ces chouettes sont encore très rares en France. Pour autant, loin d’être en voie de disparition, elles sont plutôt « en phase d’expansion ».


Par Rémi MILLERET

Dauphiné Libéré du 23 juillet 2016
Trois questions à Patrick PERRET Garde technicien des réserves naturelles du massif des Aiguilles rouges

On a découvert une espèce d’androsace non déterminée

Une espèce d’androsace non déterminée a été découverte dans le massif des Aiguilles rouges.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Les androsaces sont des plantes de la famille des primulacées, tout comme les primevères. Dans les réserves naturelles du massif des Aiguilles rouges, on retrouve plusieurs espèces d’adrosaces : alpine, pubescente, de vandelli, de Suisse, carnée ou encore à feuille obtuses. Mais une autre espèce présente sur le massif, et au-delà, attire l’attention depuis les années 1990 car elle ne correspond à aucune autre connue et n’a donc, pour l’heure, pas de nom. On l’appelle pour l’instant androsace “SP”.

À quoi ressemble-t-elle ?

Sa particularité est, par exemple, la forme des poils qui ne correspond pas tout à fait aux autres espèces qui sont voisines. Celle-ci ressemble à un mélange entre l’alpine et la pubescente, dont elle a des caractéristiques communes comme les couleurs : la fleur a pris du rosé de la première et aussi du blanc de la seconde. Cette plante en coussinet ne mesure pas plus de deux centimètres de haut et a une forme hémisphérique. Elle pousse dans les terrains plutôt morainiques, dans les éboulis ou encore dans les pierriers, entre 2 000 et 2 800 mètres d’altitude selon les prélèvements déjà effectués. La feuille, de cinq millimètres maximum, est très velue avec des poils en bois de cerf, simples ou bifurqués de moins d’un millimètre. Ce qui est intéressant est qu’il s’agit d’une espèce qui se reproduit. Les hybrides, qui sont une sorte de croisement d’espèces, sont souvent stériles : elles ne produisent pas de graines et ne se reproduisent pas. Sur cette nouvelle espèce, on a trouvé des graines. Et, ça, c’est une information importante.

Que va-t-il se passer pour cette nouvelle espèce ?

« L’espèce est en cours de description, notamment par le botaniste Denis Jordan, l’objectif étant qu’elle soit validée et référencée. Cela fait des années que nous faisons des récoltes de tout petits échantillons. C’est une plante qui aura peut-être un endémisme local, ce qui signifie qu’on ne la trouve qu’ici, ou élargi aux Alpes du Nord en fonction de sa répartition ».


Par Rémi MILLERET