Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges

LA VIE AUX LIMITES DE LA VIE.

Remerciements

Avant tout je tiens à remercier l'ARNAR. Cette association est comme une grande famille, dans laquelle j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage de deux mois, riche en découverte. La générosité de ses membres, m’a permis d’accroître mes compétences et de passer un formidable stage.

Je souhaite remercier tout particulièrement :

  • Monsieur Dominique GUBLER, Président de l’Association, qui m’a accueilli au sein de sa structure.
  • Monsieur Henri ROUGIER, Président du Conseil Scientifique, qui a souhaité être mon maître de stage, pour m’avoir épaulé quant à la rédaction de ce rapport mais également pour les nombreuses connaissances qu’il a su partager.
  • Mademoiselle Estelle BLESBOIS, animatrice, pour son organisation, sa présence et son aide quotidienne.
  • Monsieur Bernard POTY, qui a donné de son temps pour transmettre son savoir.

Sans oublier, Monsieur Jacky RAVANEL, pour sa patience et son dévouement, Patrick PERRET pour la richesse de ses sorties ainsi que toute l’équipe de la buvette pour leurs attentions et leur grande sympathie.

Introduction

Dans le cadre de ma licence de géographie et d’aménagement du territoire, j’ai réalisé un stage de deux mois au sein de l’Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges (ARNAR).
Le but principal de ce stage a été de former divers publics au respect et à la protection de l’environnement, notamment grâce à l’animation.


« Ce paysage ne nous appartient pas, nous l’empruntons à nos enfants »


Qu’allons-nous leur laisser si nous continuons à agir ainsi ? Verront-ils ce que nous avons la chance d’admirer? Je l’espère. C’est pour cela que j’ai choisi de faire mon stage au sein de cette association. Pour apprendre, être capable de faire comprendre à quel point il est important de conserver ces lieux. Mon choix de structure s’est également tourné vers l’ARNAR pour la richesse des lieux, et tout particulièrement les montagnes.

Monsieur Jean EYHERALDE et Madame Yvonne GUBLER, fondateurs de la réserve, l’avaient bien compris. Pour que la notion de respect de l’environnement rentre dans les mœurs, le mot clé est d’expliquer. J’ai ainsi eu la chance de pouvoir expliquer et même d’animer, au cœur même de la réserve naturelle. La faune, la flore, les milieux sont autant d’éléments sur lesquels les gens ont besoin d’indications pour avoir une approche plus saine et plus respectueuse de l’environnement.

Ce rapport va se décliner en quatre parties. Dans un premier temps, une présentation générale de la structure, qui va précéder le fonctionnement même de l’association. Par la suite, une partie sera consacrée aux différentes missions réalisées durant mon stage. Pour finir ce document, il conviendra d’exposer mon étude de cas qui porte sur la formation des reliefs. Choix d’étude de cas difficile car extrêmement complexe mais pour le moins très intéressant.

I - La réserve naturelle des Aiguilles Rouges.

A - Origines

Jusqu’en 1970, il existait un espace protégé d’environ 13 hectares, au-dessus d’Argentière, sur lequel, grâce à Jean Eyheralde, curé d’Argentière et grand scientifique, avait été créé un sentier botanique. Promeneurs, étudiants et botanistes pouvaient ainsi se côtoyer et échanger.

Suite à la fermeture du télésiège qui desservait cette étendue, il fallut trouver un autre lieu, plus accessible. C’est là qu’intervient le col des Montets, lieu de passage très fréquenté, choisi pour continuer ce travail d’animation.

Le col des Montets, autrefois décharge à ciel ouvert, est aujourd’hui devenu un espace très riche, où règne en maître nombre d’espèces faunistiques et floristiques, ainsi que le respect des hommes pour la nature qui les entoure. Ceci a été rendu possible grâce tout d’abord, aux deux arrêtés municipaux, de Chamonix et Vallorcine signés en 1970, qui ont donné naissance à la Réserve intercommunale du col des Montets.

A suivi tout naturellement, pour gérer et animer cette réserve, la création d’une association. C’est ainsi qu’est apparue, le 22 juin 1972 l’Association des Amis de la Réserve.

Suite à cela, un Conseil Scientifique a été mis en place, sous l’initiative d’Yvonne Gubler, grande scientifique. Ce dernier deviendra en 1978, par arrêté ministériel, le Comité Scientifique des réserves Naturelles de Haute-Savoie.

Le 23 août 1974, la réserve obtient un statut national, car l’aide de l’Etat était devenue indispensable pour assurer la gestion et l’animation d’une telle réserve.

C’est donc grâce à monsieur Jean Eyheralde et madame Yvonne Gubler, grands scientifiques et amoureux de la nature qu’est née la Réserve Naturelle des Aiguilles Rouges, au cœur même du massif des Aiguilles Rouges, il y a de cela plus de quarante ans. Nous leurs devons la première réserve naturelle de Haute-Savoie.

B - Délimitation

La réserve naturelle des Aiguilles Rouges est située majoritairement sur la commune de Chamonix avec une partie sur la commune de Vallorcine. Elle regroupe trois réserves (les Aiguilles Rouges, Carlaveyron et Vallon de Bérard) pour un total d’environ 4417ha d’espaces protégés. Les limites des réserves ont été modifiées à plusieurs reprises. Aujourd’hui la réserve englobe deux secteurs complémentaires du massif des Aiguilles Rouges :

  • l’extrémité nord-est dominant le village d'Argentière,
  • la partie ouest dominant le vallon de la Diosaz, de l'Aiguille de Salenton au Brévent.

C - Pôles d’intérêts.

Peut-on entendre parler de la Haute-Savoie sans Chamonix ? Peut-on faire de la montagne en Haute-Savoie sans connaître Chamonix ? Quel randonneur est déjà parti de Chamonix sans avoir en tête les images d’un paysage fantastique ? La vallée de Chamonix et ses alentours, la diversité des milieux et des paysages qu’elle incarne ne laisse personne indifférent. Ces sensations que l’on a lorsque l’on admire la grandeur des lieux, nous laisse sans voix.

Outre l’ampleur des paysages qu’elle détient, la réserve naturelle qui s’étage entre 1200 et 2965m d’altitude contient de nombreux pôles d’intérêts :

  • Faunistique : bouquetins, chamois, lagopèdes alpins, gypaètes barbus sont autant d’animaux qu’il est possible d’observer, sans oublier la marmotte qui est l’emblème de la réserve.
  • Floristique : On y rencontre des espèces végétales rares (lis martagon, grande astrance) et d’autres typiques de la montagne (rhododendrons, callunes, joubarbe des montagnes...).
  • Biodiversité : Plusieurs lacs sont situés dans le périmètre de la réserve naturelle (lac Blanc, lac Cornu, lac du Brévent…), des prairies alpines, des tourbières....Tant de milieux variés qui offrent aux randonneurs la possibilité de découvrir différents types de milieux.

C’est pour faire connaître et protéger cette richesse que la réserve a été créée.

II - Fonctionnement de la Réserve Naturelle des Aiguilles Rouges

A - La gestion

La réserve naturelle des Aiguilles Rouges est gérée par l’association ASTERS, le Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie. Par convention avec le ministère de l’Environnement, cette association gère l’ensemble des réserves naturelles de Haute-Savoie.

Ainsi, plusieurs missions lui sont confiées : inventaire et expertise, programmes de gestion des milieux naturels, appui et conseil, accueil et sensibilisation du public, montage et animation de programmes internationaux.

En ce qui concerne la réserve naturelle des Aiguilles Rouges, deux gardes, embauchés par ASTERS, travaillent dans la réserve. Ils gèrent le suivi des espèces, font des comptages et s’assurent que les règles liées à la réserve sont bien respectées de tous.

B - L’animation

C’est l’Association des Réserves Naturelle des Aiguilles Rouges (ARNAR) créée en 1972 qui s’occupe de l’animation de la réserve. Elle a une mission de service public. L’association s’occupe également du développement, de la gestion et du fonctionnement de la réserve naturelle des Aiguilles Rouges. Elle accueille et forme différents publics à la connaissance et les sensibilise pour la protection de l’environnement.

Pour ce faire, elle est composée de plusieurs personnes :

  • 7 membres du bureau dont monsieur Dominique Gubler président de l’association et monsieur Henri Rougier président du Conseil Scientifique.
  • 5 personnes gèrent l’administration.
  • 3 autres personnes, une pour l’animation (Estelle Blesbois), un web master (Christian Franceschetti) et une traductrice (Anne Woringer).

C - Les différents points d’accueils

La réserve naturelle des Aiguilles Rouges détient 2 principaux points d’accueil :

  • Au col des Montets se situe le chalet d'accueil de la réserve naturelle

    C’est dans ce dernier, que la grande majorité de l’animation et de l'accueil du public se fait. Pour cela, 2 salles permettent de découvrir la faune des Alpes, la flore alpine, ainsi que la géologie du secteur, au travers d'expositions et d'expériences scientifiques.

    Chaque jours, Estelle Blesbois, l’animatrice ou nous autres, stagiaires devons renseigner et guider le public au travers de ces salles. Le chalet d'accueil, ouvert du 1er juin au 15 septembre, est en entrée libre et abrite une buvette et une boutique. Le bâtiment appartient à la mairie de Vallorcine et a été mis à disposition de l’ARNAR.


    • Le sentier de découverte du col des Montets

    Un sentier de découverte serpente au sommet du col : il permet de découvrir agréablement les espaces naturels caractéristiques des Aiguilles Rouges, et plus généralement des Alpes. Accessible à tous, ce petit tour, de 1 à 3 kilomètres en fonction de la demande, ne présente aucune difficulté pour les non-randonneurs, il est donc pratiquable pour tous. La gestion du sentier par la réserve a pour but de maintenir une grande biodiversité. Seul avec l’aide des panneaux ou expliquée par un animateur/stagiaire il permet à tous de s’enrichir. Peuvent être également expliqués, le passage des anciens glaciers, le rôle du vent, du soleil, du gel…

  • L’antenne de Brévent

    Située à 2525m d’altitude, la cabane du Brévent est un autre point d’accueil de la réserve. Accessible en téléphérique depuis Chamonix, c’est un point de vue incontournable sur le massif du Mont Blanc. Tout public y est accueilli, on y trouve des cartes, une exposition faite par ASTERS, et un petit point de vente de souvenirs. La cabane du Brévent appartient quant à elle à la compagnie du Mont Blanc et est généreusement prêtée à l’ARNAR.

    Ces trois points d’accueil, sont des éléments essentiels de l'approche pédagogique de la réserve. Ils sont très facilement accessibles, ce qui permet de sensibiliser un large public. Animateurs et étudiants sont présents tout l'été pour apprendre et transmettre aux nombreux visiteurs la faune, la flore et la géologie de la vallée. Durant la saison estivale, des conférences, portant sur divers thèmes, sont organisées par la Réserve. Elles se déroulent à Argentière, Chamonix, Les Houches et Vallorcine.

III - Actions réalisées au sein de l'association

Durant la saison estivale, l’ARNAR accueille entre 4 et 6 stagiaires. Au début du stage, Estelle Blesbois nous a fait un « pré-stage » afin que nous soyons rapidement opérationnels. Ainsi nous avons eu les informations essentielles sur le sentier botanique, la salle du haut consacrée à la faune et celle du bas qui regoupe la géologie, des observations à la loupe binoculaire et des expositions. Très vite, il a fallu se familiariser avec le lieu et les explications à apporter. Cette première approche à été complétée par plusieurs lectures mises à notre disposition ainsi que de nombreuses interventions sur la botanique, la géologie… auxquelles nous avons eu la chance de participer. Au fil du temps, les acquis se sont donc développés, de tel sorteque nous avons pû apporter chaque jour un peu plus d’informations aux personnes le désirant.

A - Accueil du public

La principale mission durant mon stage a été l’accueil du public. Il a fallu faire preuve d’une bonne capacité d’adaptation car le public à été différent au fil du stage.

  • Classes et groupes durant le mois de juin

    Pendant le mois de juin, la grande majorité de notre public à accueillir a été les scolaires. Des petits maternelles jusqu’aux collégiens. Nous leurs faisions une visite du chalet et du sentier botanique. Les deux salles du chalet ont permis aux enfants d’avoir des connaissances sur la faune grâce aux multiples animaux empaillés, mais également sur les règles à respecter dans une réserve grâce aux cartes en reliefs, sur la géologie….Ils on aussi pû observer des minéraux, plantes, dents de marmotte à la loupe binoculaire. Activité qui plaît beaucoup aux enfants, sans oublier les professeurs ou accompagnateurs. Le petit tour du sentier botanique permettait d’expliquer, les différentes fleurs et d’observer des animaux sauvages, tel que le bouquetin, si le silence des enfants était au rendez-vous.

    En fonction de leurs attentes, curiosité, connaissances et âges nous avons dû adapter notre communication ainsi que la façon de gérer le groupe.

  • Touristes, randonneurs, familles au mois de juillet

    L’école étant terminée, le travail du mois de juillet à été différent. Il consistait à aller vers les visiteurs afin de leur proposer, aide, conseils, visites…. Suivant les désirs de chacun, nous pouvions faire une simple visite du chalet, du sentier ou encore des deux. Certains souhaitaient juste une information précise sur une plante ou un animal. D’autres voulaient des renseignements sur les ballades à faire aux alentours….

    Chaque visite était différente, car les attentes et préférences d’une personne à l’autre changent totalement. Régulièrement les visiteurs partagaient leurs connaissances et nous apprennaient des « trucs et astuces ».

  • L’accueil au Brévent

    Nous voilà au sommet du Brévent à 2525m d’altitude. Le lieu d’accueil, ouvert depuis 2008, change pour cette mission. Quant au public, il est multiple et varié. Nombre d’étrangers sont présents (Japonais, Chinois, Espagnols, Italiens, Allemands) ce qui demande encore une adaptation différente. Familles, touristes et randonneurs sont toujours présents. Comme dit précédemment, le Brévent est accesible à tous publics étant donné qu’il est dessservi par un téléphérique.

    A tour de rôle, durant tout l’été, à l’exception des jours de grand mauvais temps, 1 ou 2 etudiants sont présents à la cabane. Nos missions là-haut changent également. Il y a davantage cet aspect de renseignement auquel vient se greffer la vente. Notre rôle est alors de gérer les stocks et la caisse. De plus, nous devons mettre à jour un cahier, dans lequel est répertorié le nombre de visiteurs, la météo, les ventes, etc.

B - Création d’animations

Outre l’accueil du public, la création de diverses animations a été une autre mission durant ce stage.

Jeu de piste

La communauté d’EMMAÜS d’Annemasse est venue nous rendre visite. Pour répondre à leur souhait, nous avons dû créer un jeu de piste, pour 45 adultes. Cette commande m’a semblée difficile à réaliser au départ, mais finalement tout s’est bien déroulé et l’ensemble du groupe à été motivé.

Le but de ce jeu était de collecter un maximun d’indices aux différents stands afin de résoudre l’énigme finale. Par petit groupe, tout le monde est passé aux cinq stands tenus par les stagiaires. Les stands portaient sur la végétation, la faune, la géologie, les éboulis et les avalanches. Arrivés au stand, cinq questions leurs étaient posées. En groupe, ils réfléchissaient pour ne donner qu’une seule réponse. Suivant le nombre de réponses justes, justes avec l’aide d’indices, ou fausses, ils avaient un certain nombre de points. Ainsi s’ils avaient assez de points, ils remportaient un indice supplémentaire afin de trouver l’enigme finale du jeu. (cf : Régles du jeu de piste, annexe 1, page 28).

Pour terminer, tous ont trouvé l’énigme finale et nous avons pû partager un bon goûter tous ensemble. L’ensemble des participants était content et ce moment à été très convivial.


Réserve ton vendredi

Durant l’été, à l’ARNAR, un vendredi sur deux est réservé pour une après-midi d’animation avec les enfants. J’ai pu créer et participer à deux «Réserve ton vendredi». Ce sont des animations assez longues à mettre en place, car il faut tout prévoir (matériel, météo…). Malgré ça, ces après-midi sont très enrichissantes pour les enfants.

Ainsi lorsque nous avions du temps durant la semaine, on se regroupait entre stagiaires pour réfléchir et préparer les animations du vendredi. Estelle Blesbois nous a beaucoup aidé dans cette démarche, sans oublier le personnel de la buvette, toujours prêt à nous donner des idées et à nous prêter du matériel. Pour informer le public, nous avons créé des affiches que nous allions coller dans les communes alentours


Réserve ton vendredi n°1

Pour ce premier «Réserve ton vendredi» le théme était «L’eau en montagne». Chaque stagiaire a créé un atelier en rapport avec ce dernier. De plus, un point "accueil" a été mis en place, tenu par Estelle qui à donné aux enfants des explications sur le cycle de l’eau.

Les 5 ateliers des stagiaires étaient : Les nuages, les précipitations, les glaciers, l’utilisation de l’eau en montagne ainsi que la faune et la flore aquatiques.

Mon atelier était consacré aux précipitations. J’ai choisi de faire deux «minis» stands en un. Ainsi, certains enfants ont créé des pluviomètres pendant que d’autres, s’attelaient à fabriquer leur mini-serre. De ce fait, tous les enfants ont pu repartir avec quelque chose fait de leurs propres mains. Avant de commencer la fabrication , les enfants devaient dessiner leurs idées sous forme de patrons.

Tous les enfants se sont prêtés au jeu et certains, que j’ai revu m’ont dit que leurs graines commencaient à pousser.


Réserve ton vendredi n°2

Le second « Réserve ton vendredi » s’est déroulé sous une autre forme. Nous avions champ libre, seulement cette fois il ne fallait pas que cette après-midi se déroule au col des Montets.

Nous avons donc décidé d’écrire une histoire et de la faire vivre aux enfants tout le long d’un chemin, en partant de la gare de Montroc pour arriver au col des Montets. Comme nous savions à quoi nous attendre, nous avions mis en place des activités plus poussées et avons cherché plus loin dans notre imaginaire.

De ce fait, chaque stagiaire était déguisé et incarnait un personnage du conte (la grand mère, le berger, le chasseur, le barde et le conteur). Le conteur guidait les enfants à travers le sentier dans la forêt en leur racontant l’histoire. Les enfants découvraient les personnages le long du chemin et faisaient des activités avec eux, dans le but de récupérer des indices. Le but final du jeu était de trouver quelle « bête » causait des dégâts dans le paisible hameau de Tré-le-champ.

Mon activité de chasseur s’est déclinée en deux parties. Une première qui consistait à apprendre à reconnaître les traces. Pour se faire, les enfants ont joué au twister grandeur nature. Et une seconde partie où le but était de tirer sur des animaux en carton (sanglier, cerf, renard) avec un arc ou un lance pierre.

Une après-midi bien remplie pour les enfants, qui a permis de faire rire petits et grands tout comme les animateurs stagiaires. Le point négatif serait le fait qu’il n’y avait pas beaucoup d’enfants présents contrairement à ce que l’on imaginait, mais tous étaient motivés, ce n’était donc plus un problème.

C - Initiatives et intérêts portés à la structure

Entretien et amélioration des supports d’accueil

Création de nouveaux panneaux

Durant le stage, deux panneaux ont été exposés dans la salle du bas :

  • Un panneau relatif au réchauffement climatique et aux conséquences que ce dernier peut avoir.
  • Un jeu de reconnaissance de traces
  • Nous avons également dû libérer une salle, pour qu’une classe de 5ème puisse exposer ses travaux.

Entretien du sentier botanique

Pour que le sentier reste un sentier, il faut l’entretenir. Par exemple, retirer les plantes envahissantes afin que les tourbières ne se referment pas, ou encore enlever l’herbe gênant le passage du public.

Au fil du temps, des fleurs fânent, d’autres naissent. C’est pourquoi, souvent, il faut retirer des panneaux et en mettre de nouveau. Ainsi la mise en place de pancartes à été une activité régulièrement renouvellée durant mon stage, afin que le sentier de découverte soit toujours « mis à jour ».

Création de nouvelles pancartes

Quelque fois, les pancartes disponibles au col des Montets sont anciennes, la peinture se décolle et il devient difficile de lire le nom des plantes. Pour faciliter la mise à jour du sentier, j’ai réalisé de nouvelles pancartes.

Interventions d’acteurs clé

A l’ARNAR, les stagiaires sont très bien encadrés. Tous les acteurs ont un réel plaisir à partager leurs connaissances, ce qui se ressent. C’est grâce à cela que j’ai pu assister à de multiples interventions :

  • Monsieur Jacky Ravanel

    Géologie, langues, histoire, ornithologie, faune et flore sont autant de sujets sur lesquels Monsieur Jacky Ravanel aime à nous parler. Quelques soirs ou matins par semaine, il nous donnait rendez-vous pour un petit cours particulier, dont nous pouvions choisir le thème.

  • Monsieur Henri Rougier (maître de stage)

    Nous avons eu l’honneur de participer à plusieurs interventions de Monsieur Rougier concernant la géologie. Il à su trouver les mots justes pour nous expliquer ce qui était encore flou pour nous.

  • Monsieur Bernard Poty

    Monsieur Bernard Poty à également donné de son temps pour nous parler de la formation des reliefs et de la minéralogie.

  • Monsieur Patrick Perret

    Monsieur Patrick Perret, garde de la réserve nous à renseignés sur ASTERS et ses activités, sur la gestion de la réserve, etc. Nous avons aussi eu la chance de l’accompagner un matin pour un comptage de bouquetins et lors d’une sortie sur le terrain qui s’est avérée très fructueuse.

  • Conférences et sorties organisées par le conseil scientifique de l’ARNAR

    Le conseil scientifique organise des conférences durant tout l'été. Dans ce cadre là, nous avons pu assister à certaines. Parmi celles-ci, « les colères du ciel ou la foudre en montagne» de Daniel Masotti, ou encore «le col des Montets, passage obligatoire pour les glaciers du Mont Blanc» par Sylvain Coutterand, ont particulièrement retenu mon attention.

    La visite du musée des cristaux de Chamonix, faite par Monsieur Bernard Poty et à laquelle j’ai également eu le privilège d’assister, a aussi sussicité en moi beaucoup de curiosité.

D - Retour personnel

Habituellement, je vais facillement et tout naturellement au contact des gens. Or, cet exercice à été difficile au tout début, mais je pense que c’était dû au petit bagage de connaissances que j’avais. Une fois mon sujet bien maîtrisé, c’est avec grand plaisir que j’allais proposer mon aide.

Cette approche professionnelle restera pour moi une formidable expérience. J’ai pû enrichir mes connaissances personnelles très rapidement. De plus, j’ai développé mon sens de l’observation, notamment en botanique et je me suis aperçu que c’était un monde fantastique.

L’animation était déjà un milieu dans lequel je me sentais à l’aise, qui plus est, les animations nature que j’ai pû effectuer lors de ce stage n’ont fait que confirmer. Grâce à ce stage, je me suis rendue compte que l’adaptation à divers publics est primordiale. En effet, certains groupes sont plus ou moins intéréssés et attentifs, et c’est à nous de nous adapter en conséquence. Je me suis également aperçue que c’était plus facile pour moi avec un jeune public comme les enfants. Les différentes activités que j’ai pû animer ou auxquelles j’ai participé, ont été en parfaite adéquation avec mes attentes, je dirai même bien supérieures.

Ce qui m’a beaucoup plu durant ce stage, c’est la diversité des activités. Entre un groupe de scolaires et des particuliers venus passer leurs vacances, les échanges ne sont pas les mêmes. De plus, l’ouverture du Brévent à été une autre étape où il m’a été possible de parler d’autres langues, de rencontrer différents types de personnes et d’échanger sur une grande diversité de choses (culture, montagne, botanique…).

Le milieu montagnard est et restera un milieu dans lequel j’aime évoluer. C’est pour moi quelque chose de grandiose et de magique, d’autant plus dans la vallée de Chamonix.

C’est pourquoi, et en accord avec Monsieur Rougier, la derniére partie de mon rapport sera basée sur la formation des reliefs.

Etude de cas : La formation des reliefs

Comment cette montagne est-elle arrivée là ? Pourquoi celles-ci sont pointues et d’autres arrondies ? Quel âge ont-elles ? Pourquoi certaines sont plus hautes que d’autres ? En regardant les montagnes, ce sont des milliers de questions qui me viennent à l’esprit. Pour trouver les réponses, il faut chercher et pour chercher, Chamonix et mon stage au sein de l’ARNAR ont été l’opportunité à saisir.

La formation des reliefs est un processus long et complexe. Il est possible d’en parler durant des heures, ces quelques pages seront donc, simplement un petit résumé.

A - Géologie : la formation des montagnes

Pour comprendre la partie qui suit, il convient de prendre connaissance du schéma ci-à-côté. Il illustre les principaux temps géologiques.

Orogénèse des Aiguilles Rouges et du Mont-blanc

L’Orogènése correspond à la formation des chaînes de montagnes. Elle est dûe au mouvement de l’ecorce terrestre, déterminé par les courants de convection sous la croûte terrestre.

Le premier à avoir observé une distinction entre deux types de matériaux superposés, donc d’âges différents, est le savant genevois H.B. de Saussure, qui, dès 1760 parcourut en long et en large le massif du Mont blanc et la chaîne des Aiguilles Rouges. Il observa alors des terrains « primitifs », formés de granite et de roches schisteuses, sur lesquelles reposent, au Buet comme au sud du Mont-Blanc, des terrains « secondaires » calcaires. Il fût également le premier à dire que le paysage n’était pas figé.

Mont-Blanc et Aiguilles Rouges ont longtemps été considérés comme « autochtones », c’est-à-dire comme représentants de deux segments d’un même bâti, proche l’un de l’autre.

Il est admis aujourd’hui qu’initialement éloignées, ces parties d’un même ensemble se sont morceléees, déformées au cours d’événements géologiques associés à l’ouverture d’océans par écartement des plaques africaine et européenne.

Finalement, ces parties se sont rapprochées lors de la collision de fragments de ces plaques, provoquant plisssements, soulèvement dans la chaîne de montagne naissante.

L’édifice (Mont-Blanc et Aiguilles Rouges), correspond à une construction qui s’est faite par étapes successives au cours de deux grandes périodes de l’histoire de notre planète. Il résulte de la superposition de deux constructions de style architectural différent :

  • le socle, qui constitue la fondation de l’édifice. C’est à lui que se rattachent Mont-Blanc et Aiguilles Rouges. Ce socle s’est édifié au cours de l’ère primaire. Il fait partie des fondations de la chaîne alpine toute entière.
  • les couvertures « alpines » auxquelles se rattache la vallée de Chamonix. Ces couvertures résultent de l’accumulation de matériaux marins, qui se sont déposés sur le socle. Cette période, de plus de 200 m.a. , s’étale de l’ère secondaire à l’ère quaternaire.

1 . Le socle

Il est constitué de schistes cristallins (gneiss + micaschistes) et de granite. Ces roches sont regroupées sous le terme de « cristallin ».

Ce socle a subi plusieurs phases de métamorphisme, initiées, par des mouvements tectoniques importants. Durant cette longue période, deux cycles orogéniques («vie et mort d’une chaîne de montagne») se succéderont : Calédonien et Hercynien. Cette période se situe entre -540 m.a et -245 m.a.

Cela s’achève par un long épisode d’érosion qui aboutiera à une vaste surface pénéplanisée qui recouvre toute l’Europe.C’est sur cette dernière que vont se déposer les premiers dépôts du cycle alpin.

2 . L’orogénèse alpine

Pour avoir une chaîne de montagnes, il faut des matériaux (calcaire, etc). S’opére par la suite une période de formation de la roche, suivi d’une période de déformation. Notre histoire alpine commence au début du secondaire qui correspond à la sédimentation.

Les premiers dépôts de sédiments apparaissent sur la surface post-hercynienne, il y a 200 m.a. Cette époque correspond au premier dinosaures. La surface sur laquelle se promenaient les premiers dinosaures a progressivement été envahie par la mer, en même temps que se produisaient des déformations du socle. De ce fait, il se produit un enfoncement du socle, qui correspond à l’écartement des plaques africaine et européenne et donc à l’ouverture de la Thétys. Les Aiguilles Rouges et le Mont-Blanc étaient alors distants d’environ 35 à 100 km.

Au Crétacé (-135 à -65 m.a), se produisent les premières collisions entre les morceaux des plaques africaine et européenne. Le socle amorce alors un basculement vers le nord-ouest. Les couvertures sédimentaires se déforment. Ces déplacements du socle, expliquent le rapprochement du Mont-Blanc vers les Aiguilles Rouges.

Pour finir, l’ensemble de l’édifice va basculer. Le socle, jusqu’alors enfouit sous des dépôts marins plus jeunes, se déplace en se soulevant avec sa couverture sédimentaire avec laquelle il se renverse sur les Aiguilles Rouges (ce soulèvement se poursuit encore aujourd’hui au rythme de 1 mm par an). Une partie de cette couverture va former la Vallée de Chamonix. Une autre partie va passer au-dessus des Aiguilles Rouges et former les hautes-chaînes calcaires du Faucigny (nappe de Morcles).

Ainsi, la partie la plus ancienne, le socle, occupe dans le paysage une position topographique plus élevée que sa couverture, plus jeune, qui remplit la vallée de Chamonix. (ex : cf. annexe 2, page 28).

Le sommet du Belvédère illutre bien la superposition de ces deux « couches » : socle et couverture. En effet, on y trouve des calcaires d’époque jurassique : schistes noirs du Lias qui font partie de la semelle de la nappe de Morcles. Les plissements qui affectent les grès et l’argilite sont dûs au passage de cette nappe. Le « basculement » de la nappe se fait alors du massif du Mont-Blanc vers celui des Aiguilles Rouges, et du Faucigny. (ex : cf. annexe 3, page 28).

La nappe de Morcles est issue de la couverture sédimentaire qui recouvrait alors le Mont-Blanc : c’est la nappe de charriage.

De ce fait, les différents reliefs tel que l’on peut les observer aujourd’hui se sont formés au cours de diverses étapes de l’histoire de la planète. Ils résultent de successions et de superpostions de roches qui ont pris naissance lors de la formation d’anciennes chaînes de montagnes qui se sont succédées.

L’orogénèse précéde l’évolution géomorphologique c’est-à-dire le comportement des structures de reliefs déjà mis en place vis-à-vis des agents atmosphériques. A partir de ces matériaux, va s’opérer un agencement, car l’orogénèse donne les reliefs à l’état brut mais tous reliefs, dès lors qu’ils apparaissent, sont soumis à l’érosion.

B - Géomorphologie

La géomorphologie décrit et explique les formes du relief.

Tectogénèse. Evolution des formes du relief terrestre en fonction de la structure et de l’érosion

La première chose qui frappe et qu’il est important de signaler est l’énorme dénivellation de plus de 3800m qui existe entre le fond de la vallée de Chamonix (1000m environ) et le sommet du Mont-Blanc (4810m).

La seconde, correspond à l’étroitesse de la vallée (moins de 1km de large). Est-elle amenée à disparaître ?

Il conviendra de parler des trois unités géomorphologiques qui se distinguent : Massif du Mont-Blanc, chaîne des Aiguilles Rouges et vallée de Chamonix.

Pour commencer, on remarque que les deux premières n’ont pas la même nomination. En effet le terme « massif » est employé pour parler d’un gros volume, tandis que « chaîne » est utilisé pour une étendue plus étirée. Outre la nomination, la masse, l’extension, la surface, le volume ou encore l’altitude sont différents entre le massif du Mont-Blanc et la chaîne des Aiguilles Rouges.

  • Le massif du Mont-Blanc, dessine une sorte d’amande effilée longue de 50km et large de 13km. Les glaciers recouvrent la majeure partie de la superficie du massif.
  • Le massif des Aiguilles Rouges, doit son nom, à la coloration rouille de ses roches. Coloration qui correspond à des dépôts de fer mal cristallisés, provenant de l’altération de certains minéraux micacés. Ce « chaînon » est large de 3 km, et son point culminant : le Belvédère s’élève à 2962m d’altitude.
  • La vallée de Chamonix, creusée dans des roches sédimentaires d’âge secondaire, encadrée par des roches cristallines du Mont-Blanc et des Aiguilles Rouges, d’âge primaire. Située entre ces deux massifs, la vallée de Chamonix apparaît comme une profonde cassure longue de 20 km.

La tectogénèse correspond à des mouvements permanants. Au départ de tout processus, on a le bâtit structural issu de la tectogénèse. Bien évidemment, il n’est pas homogène, il comporte cassures, faille, etc, qui engendrent des jeux de blocs. Montagnes, vallées, escarpements, butes évoluent suivant les lois de l’érosion.

Lois de la séléctivité en rapport à la résistance des couches

Pluie, vent , éboulement… s’attaquent aux roches. Cette forme d’érosion s’attaque à ce qui est tendre. Ainsi sable, argile, marbre, vont être déblayer facilement. En revanche, calcaire et granite vont rester en relief. L’érosion cherche la facilité, elle exploite les faiblesses du relief. L’érosion est ce qui va former le paysage que l’on voit. C’est l’ablation d’une pellicule de l’épiderme terrestre. L’érosion arrache les roches qui se décomposent, de la sorte, elles s’affaiblisent.

Les trois principaux agents de l’érosion sont l’eau, le vent et les glaciers. Comme dit précédemment, dès qu’une montagne se forme, elle est soumise à l’érosion.

  • Erosion par l’eau

    L’érosion de l’eau se fait sous deux formes, la dissolution, qui est un type d’érosion chimique, ou/et la gélifraction, qui est un type d’érosion mécanique.

  • Erosion par les glaciers

    A l’ère quaternaire, l’intervention des glaciers entre en jeu complétée par les phénomènes naturels comme les avalanches. Depuis 32 m.a, les glaciers ont sculté le décor ; la vallée de Chamonix et les reliefs étaient déjà présents dès la formation des montagnes, les glaciers n’ont fait que parfaire ce travail.

    Il y a 15 000 ans, les glaciers recouvraient toute la vallée, le niveau supérieur de la glace était à 2000m d’altitude. Le col des Montets est le passage d’un langue glaciaire disparue il y a 12000 ans. Le rocher, au bord du parking du col des Montets, témoigne de son passage.

    Ses traces sont inscrites dans la roche sous forme de stries dont la direction sud-nord et le sens d’écoulement indiquent la provenance du glacier.

  • Autre facteur : l’érosion de l’homme.

    L’homme et les activités qu’il incarne à travers la montagne est une autre forme d’érosion. Sentier servant à de très nombreux randonneurs ou encore rocher d’escalade, scultent également le paysage et laisse nombre de traces.

Le paysage est donc le résultat d’une ossature, des formes et de l’antropisme. Il demande de l’observation, des descriptions et des interprétations afin d’essayer de le lire.

Conclusion

Les lieux spectaculaires dans lesquels j’ai pû passer ces deux mois, aménent à réfléchir, comprendre, avancer et grandir. Outre les merveilleux paysages, de belles images resteront gravés en moi. Celles des enfants, lorsque l’on se rend compte qu’ils ont compris et que leurs réactions face à la nature, ou seulement par rapport à une chose, seront différentes suite à ce que l’on a pû leur enseigner.

Ces deux mois de stage passés au sein de l’ARNAR ont été pour moi entièremment bénéfiques et possitifs. Il m’ont permis d’acquérir de nombreuses connaissances solides, qui me seront grandemment utiles dans la suite de mes études et de ma vie personnelle.

Pour conclure ce rapport, je dirai que ce stage à été une réelle opportunité pour moi à de multiples niveaux (scolaire, professionnel et personnel). La diversité des sujets abordés est telle que chacun trouve un sujet ou un autre passionnnant.


Rapport réalisé par Estelle Vulliez,
étudiante en Licence géographie et Aménagement du territoire à l’IER de Poisy (74)
à l'issu d'un stage du 1er juin au 27 juillet 2014 au sein de la Réserve Naturelle des Aiguilles Rouges