Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges

Généralités

A moins de 100 km de Genève, au pays du Mont-Blanc, en rive droite de la vallée de Chamonix, le massif des Aiguilles Rouges forme un long balcon face aux glaciers et aux sommets mythiques du massif du Mont-Blanc.

Trois réserves contigües sont regroupées sous le nom des Réserves naturelles des Aiguilles Rouges :

  • les Aiguilles Rouges
  • Carlaveyron
  • Vallon de Bérard.

Ces trois réserves constituent une aire protégée d’une surface globale de 4417 ha, située entre 1090 et 2965 m d’altitude qui offre un bel éventail de flore et de faune alpines.

Ces réserves sont parcourues et visitées par un nombre toujours croissant de randonneurs et de touristes, attirés à la fois par la beauté des paysages et les fabuleuses découvertes que l’ont peut y faire, sur la vie en moyenne et haute montagne.

Le passage d’une réserve à l’autre est facilité par les sentiers qui les traversent : sentier de grande randonnée d’Amsterdam à Nice (GR5) et sentier du Tour du Mont-Blanc (TMB).

Décret du 27 janvier 2010

Portant reclassement de la Réserve naturelle nationale des Aiguilles Rouges (Haute-Savoie)

Aspect géologique

Le substrat géologique est pour l'essentiel un compartiment du socle primaire des Alpes externes constitué de roches métamorphiques (gneiss, schistes cristallins, amphibolites, éclogites) et magmatiques (granites) mais aussi de roches sédimentaires carbonifères (produits d'érosion, conglomérats, grès, schistes à plantes).

La patine provenant de l'oxydation du fer a donné son nom au massif.

L'ensemble fut érodé et modelé par les glaciers (lacs, cirques glaciaires, roches polies et moutonnées, stries).

On note également un contact local entre les roches verticales du socle et des couches sédimentaires alpines (grès, calcaires, schistes argileux).

Réserve naturelle des Aiguilles Rouges

C’est la première réserve à avoir été créée au pays du Mont-Blanc. Créée en 1972 comme réserve intercommunale du col des Montets, elle devient "réserve naturelle des Aiguilles Rouges" en 1974.

D’une superficie de 3279 hectares, cette réserve est située majoritairement sur le territoire de la commune de Chamonix, une petite partie seulement appartenant à la commune de Vallorcine et s’étend de 1200 à 2965 m d’altitude.

Cela entraine de grandes différences climatiques, d’où un étagement spectaculaire de la végétation et de la faune, l’existence de vastes écosystèmes et de nombreux biotopes qui s’offrent aux yeux des promeneurs : couverts forestiers à épicéas et mélèzes, répartis dans les étages montagnards et subalpins ; landes à rhododendrons et genévriers nains, paradis du tétras-lyre, du lagopède alpin et du lièvre variable; prairies alpines, lieu de passage d’oiseaux migrateurs et de nombreux insectes ; parois où l’aigle royal a établi son aire ; lacs encastrés au creux d’anciennes moraines ou de verrous glaciaires ; combes à neige ; zones humides ; tourbières ; crêtes ventées…

Chaque être vivant a donc dû s’adapter, pour vivre aux limites de la vie, entre moraines et glaciers.

Les marmottes, très nombreuses à gambader dans les éboulis, sont devenues l’emblème de la réserve.

Ce riche patrimoine mérite d’être préservé des actions anthropiques.

La Réserve est là pour le faire connaître et le protéger.

Dans ce but, l’Association des Réserves Naturelles des Aiguilles Rouges a édité en 2002 un ouvrage entièrement dédié à la réserve naturelle des Aiguilles Rouges (1ère édition en 1993) et épuisée à ce jour (Guide de la Réserve Naturelle des Aiguilles Rouges, 2ème édition,).

Une nouvelle édition devrait voir le jour d’ici 2013 !

Réserve naturelle de Carlaveyron

Carlaveyron, c’est d’abord un immense plateau, raboté et creusé par les glaciers, gorgé d’eau, où s’éparpillent tourbières, lacs, marais, ruisselets et « gouilles ».

Cet espace protégé fut créé en 1991 dans le but de prolonger la réserve des Aiguilles Rouges et d’empêcher la création d’un domaine skiable censé équiper le flanc nord de l’Aiguillette des Houches.

Dans les gorges de la Diosaz, en contrebas, la forêt n’est plus exploitée depuis au moins un siècle. C’est là que trouvent refuge chouettes de Tengmalm, pics noirs et gélinottes des bois, espèce sylvicole par excellence, affectionnant les combes humides, les ravins ombragés et les rochers moussus. Durant l’hiver, les cerfs fréquentent eux aussi les gorges de la Diosaz où ils se nourrissent de bourgeons d’arbustes, en attendant de retourner pâturer à plus de 2000 m d’altitude en compagnie des chamois.

Cette forêt primaire laisse ensuite place à la lande à myrtilles et rhododendrons, dont la progression est favorisée par le retrait de l’activité agricole, puis à la pelouse alpine sèche.

Les nombreuses zones humides de la réserve naturelle de Carlaveyron sont le milieu de vie de la grenouille rousse et du triton alpestre.

Certains bas-marais accueillent des larves de cordulie des Alpes, une libellule des milieux tourbeux d’altitude où pousse aussi le carex de Magellan, une espèce artico-alpine rare présente uniquement en Savoie et Haute-Savoie en France.

Aigle royal, tétras-lyre et lagopède alpin ont eux aussi élu domicile au sein de la réserve naturelle de Carlaveyron, restée sauvage et difficile d’accès, où ils trouvent le calme et la tranquillité qu’ils ont perdus ailleurs, du fait de la très forte fréquentation touristique du massif du Mont-Blanc.

Réserve naturelle du vallon de Bérard

Dernière réserve créée en 1992, elle vient compléter la mise en valeur du milieu alpin de la réserve naturelle des Aiguilles Rouges.

Située sur la commune de Vallorcine, elle couvre une superficie de 540 hectares sur le versant nord de la chaîne des Aiguilles Rouges, en rive droite du torrent de l’Eau de Bérard et s’étage de 1700 m au sommet de l’Aiguille du Belvédère à 2965 m.

Le Vallon de Bérard est un cirque glaciaire, anciennement occupé suite à une coalescence de glaciers qui recouvre les étages alpin et nival et qui abrite encore quatre glaciers suspendus dans lequel les moraines, éboulis et blocs cristallins abritent une flore diversifiée.

La forêt climacique (c'est à dire parvenue à l'aboutissement théorique de son évolution naturelle) est décimée par les avalanches.

Les couloirs d’avalanche sont alors colonisés par l’aulne vert.

Qu'il s'agisse de pessière, de mélézin ou de cembraie, la forêt est alors remplacée par de vastes brousses de rhododendron, surmontées par des landines à airelle des marais, puis par des pelouses alpines.

La faune est typique des zones de haute montagne, avec des espèces emblématiques comme le bouquetin, le chamois, le tétras-lyre, l'aigle royal ou le tichodrome. Le col de Bérard constitue enfin un important couloir de migration.

Réglementation

bouton fleur

Ne cueillons pas les fleurs, ne ramassons pas les fossiles pour permettre à tous de les admirer.

bouton chien

N'emmenons pas notre chien pour la tranquillité de la faune (même tenu en laisse !).

bouton camping

Ne campons pas et ne faisons pas de feu, pour ne pas laisser de traces de notre passage. Le bivouac reste autorisé pour la nuit (de 19h à 9h).

bouton déchet

Remportons nos déchets et ne déposons pas de matériaux, pour conserver la propreté des lieux.

bouton véhicule

La circulation des véhicules à moteur est interdite sauf pour certaines activités prévues dans les décrets (alpages, forêts, refuges par exemple).

bouton parapente

Le survol (parapente, deltaplane, hélicoptère...) est interdit à moins de 300 m du sol sauf dans les réserves naturelles des Aiguilles Rouges et du Vallon de Bérard où il est interdit à moins de 1 000 m sol.

Savoir-vivre en réserve naturelle - dépliant Asters